Les efforts du Pakistan pour la paix au Moyen-Orient « sont toujours en cours et ne diminueront pas », dit le premier ministre

 

Très investi en tant que médiateur des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a assuré, mercredi, que « les efforts pour la paix sont toujours en cours et ne diminueront pas », dans un discours au conseil des ministres de son pays, retransmis sur le compte X du bureau du chef de gouvernement.
« La longue série de discussions que le Pakistan a lancée entre l’Amérique et l’Iran dans la nuit du 11 avril a duré 21 heures », a-t-il affirmé, détaillant l’intense activité diplomatique pakistanaise. Il cite aussi les négociations avec le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, reçu à Islamabad. Le ministre des affaires étrangères iranien est allé à Oman, est revenu au Pakistan, puis est parti pour la Russie, a-t-il précisé, ajoutant que M. Araghchi lui avait assuré par téléphone « tenir ses réunions avec sincérité » et répondre « après consultation ».

L’uranium iranien probablement intact malgré les frappes, selon l’AIEA
L’uranium hautement enrichi de l’Iran se trouve très probablement encore dans les tunnels du complexe nucléaire d’Isfahan, malgré les bombardements américano-israéliens, a averti mardi Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les inspecteurs de l’agence n’ont rapidement plus eu accès au site après début du conflit.
Le gendarme du nucléaire estime, dans un entretien à l’Associated Press, qu’une grande partie de l’uranium iranien « était stockée là-bas en juin 2025, au déclenchement de la guerre de douze jours, et s’y trouve depuis lors », précisant que l’AIEA évalue à environ 200 kilogrammes le stock d’uranium enrichi à 60 % conservé sur ce site. Au total, le stock iranien permettrait de fabriquer jusqu’à dix bombes nucléaires, si le pays décidait de militariser son programme, selon l’agence.
M. Grossi a, par ailleurs, conditionné tout accord politique entre les Etats-Unis et l’Iran à la reprise des inspections complètes de l’AIEA sur l’ensemble des sites iraniens. Il s’est voulu prudemment optimiste : « Il y a apparemment un intérêt des deux côtés à parvenir à un accord », a-t-il relevé, tout en pointant un blocage persistant concernant l’ordre et les modalités des concessions mutuelles.

L’Iran n’a « pas encore dévoilé toutes [ses] cartes », et conserve « l’avantage », juge un haut responsable iranien
Alors que les négociations pour la paix au Moyen-Orient et la réouverture du détroit semblent patiner, l’Iran semble serein, considérant que le blocus américain est « une action passive et sans valeur », comme l’a affirmé, mercredi, Alaeddin Boroujerdi, membre de la commission des affaires étrangères et de la sécurité nationale du Parlement iranien, dans une vidéo publiée par l’agence de presse officielle iranienne Tasnim.
« La stratégie de Trump n’est qu’un geste désespéré sans impact réel, et nous conservons l’avantage », a estimé l’ancien président de cette commission, ajoutant : « Nous n’avons pas encore dévoilé toutes nos cartes ». Il cite notamment le détroit de Bab Al-Mandab, dans la mer rouge, qui « pourrait être aussi important que celui d’Ormuz ». « Nos alliés yéménites attendent pour le bloquer et porter un nouveau coup aux Etats-Unis et à leurs intérêts économiques dans le monde », a-t-il ajouté.
Selon M. Boroujerdi, l’Iran doit « défendre [ses] droits, notamment la souveraineté sur le détroit d’Ormuz, à la table des négociations ». Le président américain, Donald Trump, a demandé à ses conseillers de préparer un blocus prolongé de l’Iran afin d’asphyxier son économie et de contraindre Téhéran à renoncer à son programme nucléaire, selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal.

L’UE va faciliter les aides aux secteurs les plus touchés par la flambée de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient
L’Union européenne a confirmé, mercredi, qu’elle allait assouplir l’encadrement des aides aux entreprises mises en place par les Etats membres pour atténuer l’envolée des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient, dans les secteurs les plus touchés – agriculture, pêche, transports.
Les Etats pourront compenser jusqu’à 70 % des surcoûts subis par ces entreprises en matière de carburants, mais aussi d’engrais. Un dispositif simplifié permettra aussi aux pays qui le souhaitent de verser une aide forfaitaire, plafonnée à 50 000 euros par bénéficiaire, avec des formalités réduites au minimum. Ce régime d’encadrement « temporaire » et « ciblé » restera en vigueur jusqu’à la fin de l’année.
« Les Etats membres ont demandé des règles simples et souples pour cibler les secteurs qui dépendent de carburants importés et pour renforcer le soutien aux industries fortement consommatrices d’énergie, et c’est ce que nous avons fait », a expliqué à la presse Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission chargée de la concurrence.

Les cours du pétrole continuent de grimper, mercredi, le blocage du détroit d’Ormuz se prolongeant
Les cours du pétrole sont en hausse, mercredi, le marché attendant désormais un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, ce qui éclipse, pour l’instant, l’effet sur les prix du départ des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), annoncé mardi.
Vers 11 h 15, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 2,95 % à 114,54 dollars (97,90 euros), son plus haut niveau depuis que le fragile cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran est en place. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 3,48 % à 103,41 dollars (88,38 euros).

Un navire lié au Japon a franchi le détroit d’Ormuz, confirme la première ministre japonaise
La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a confirmé qu’un navire lié au pays avait traversé le détroit d’Ormuz, mercredi, et se dirige vers le Japon, avec « trois membres d’équipage japonais à son bord », sans préciser le nom du bateau.
« Nous avons saisi chaque occasion pour exhorter l’Iran à garantir rapidement la libre et sûre circulation de tous les navires, y compris ceux du Japon, dans le détroit d’Ormuz », a-t-elle affirmé dans un message publié sur X. Elle précise que son pays considère le passage de ce bateau comme « une évolution positive ».

« No more Mr. Nice Guy » : Donald Trump menace l’Iran, qui a « intérêt à se montrer malin rapidement »
Le président américain, Donald Trump, a posté, mercredi matin, une photographie modifiée de lui, surmontée des termes « No more Mr. Nice Guy » (« Fini de jouer les gentils »). Fusil d’assaut à la main et lunettes d’aviateur sur le nez, il pose devant un décor évoquant l’Iran, constellé d’explosions, dans un photomontage très probablement généré à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle.
« L’Iran n’arrive pas à se ressaisir. Ils ne savent pas comment signer un accord sur le nucléaire. Ils feraient mieux de se montrer plus malins rapidement », écrit le chef d’Etat en complément de cette image, diffusée sur son réseau, Truth Social.

L’UE a dépensé 27 milliards d’euros supplémentaires dans l’importation d’énergies fossiles depuis le début du conflit au Moyen-Orient
« Il y a une dure réalité à laquelle nous devons tous faire face : les conséquences de ce conflit pourraient se faire sentir pendant des mois, voire des années », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, s’exprimant, mercredi, devant le Parlement européen, à Strasbourg.
Selon Mme von der Leyen, l’Union européenne a dépensé 27 milliards d’euros supplémentaires en importations de combustibles fossiles depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février. Le groupe de réflexion Bruegel, cité par l’agence de presse Bloomberg, estime également que les pays de l’UE ont engagé plus de 10 milliards d’euros pour protéger les consommateurs et les entreprises de la hausse des prix de l’énergie.

TotalEnergies annonce le redémarrage partiel de la raffinerie saoudienne de Satorp, arrêtée après des frappes
Le grand groupe pétrogazier français a annoncé, mercredi, le redémarrage partiel, mi-avril, de la raffinerie Satorp en Arabie saoudite, mise à l’arrêt après des frappes, le 8 avril, qui ont endommagé une partie de l’installation située à Jubail, dans l’est du pays, au bord du Golfe.
« Après les événements du 8 avril qui ont affecté trois unités du site de Satorp et provoqué son arrêt par mesure de sécurité, les unités non endommagées ont pu être redémarrées et la raffinerie fonctionne à une capacité de 230 000 b/j [barils par jour] depuis le 14 avril », a affirmé l’entreprise à propos de cette installation codétenue par la compagnie nationale saoudienne Aramco (62,5 %) et TotalEnergies (37,5 %).
Situé dans le désert saoudien et mis en service en 2014, ce site dispose d’une capacité de raffinage de 460 000 barils de pétrole brut par jour et produit environ 22 millions de tonnes par an de produits raffinés, selon TotalEnergies.

Le cours du pétrole oscille face à l’impasse d’Ormuz
Alors que les négociations pour la réouverture du crucial détroit d’Ormuz et pour la paix patinent, les marchés asiatiques progressent mercredi tandis que le cours du pétrole oscille, après un plus-haut atteint mardi depuis le début du cessez-le-feu entre Etats-Unis et Iran.
Après avoir commencé la journée asiatique en légère hausse, le brent, référence mondiale, reculait vers 4 h 10, ce matin, de 0,15 % à 111,09 dollars le baril. Il a retrouvé mardi les niveaux atteints avant que les deux belligérants annoncent un cessez-le-feu le 8 avril après quarante jours de frappes israélo-américaines en Iran et de riposte iranienne sur ses voisins du Moyen-Orient.
Le west texas intermediate, qui sert de référence américaine, avait également atteint 100 dollars mardi pour la première fois en deux semaines. Mais il se repliait mercredi de 0,62 %, à 99,31 dollars le baril.

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