Face à l'agression sioniste persistante contre le Liban, des réunions préliminaires se tiendront mardi 14 avril 2026 au Département d'État à Washington, en présence de représentants libanais et israéliens, sous l'égide américaine.
Dans ce contexte, le Parti communiste libanais affirme ce qui suit :
1. Un cessez-le-feu est impératif et toute négociation politique directe avec « Israël » est catégoriquement rejetée. Le Liban n'a aucun intérêt à entamer de telles négociations tant qu'il est impuissant ou soumis aux conditions sionistes et aux pressions américaines, lesquelles refusent le retrait inconditionnel des forces d'occupation israéliennes à la ligne d'armistice de 1949 et le retour de nos populations déplacées dans leurs villages, villes et foyers.
2. Le Liban doit refuser d'entamer des négociations aux conditions israéliennes maintes fois annoncées par l'ennemi, à savoir la conclusion d'un accord de paix avec le Liban et le désarmement de la résistance, et mettre en garde contre les conséquences d'un tel accord, car l'ennemi sioniste ne reconnaît ni n'applique les accords et résolutions internationaux.
3. Nous rejetons tout parrainage américain des négociations, quelles qu'en soient la forme ou le lieu, car les États-Unis sont complices de l'agression contre le Liban et la région et alliés de l'agresseur. Par conséquent, toute négociation de sécurité doit se dérouler exclusivement sous l'égide internationale et dans un pays neutre et ami du Liban.
4. Tous les Libanais n'ont d'autre choix que de défendre pleinement leurs droits nationaux, au premier rang desquels figure leur droit légitime de résister à l'occupation par tous les moyens disponibles, droit inscrit dans le droit international et les conventions internationales. Dans ce contexte, nous réitérons notre soutien à l'initiative du député Osama Saad, qui a proposé un projet de loi interdisant toute transaction avec l'ennemi israélien, et nous demandons la tenue d'une session parlementaire urgente pour son adoption.
5. Il ne saurait y avoir de paix avec l'entité d'apartheid qui, par le biais de son gouvernement d'extrême droite fasciste, a perpétré un génocide contre le peuple palestinien à Gaza et qui l'étend désormais à notre peuple libanais. Elle a occupé et détruit des villages libanais, tué des civils – hommes, femmes et enfants – et déplacé plus d'un million de Libanais de leurs terres et de leurs foyers. Ses avions continuent de lancer des attaques quotidiennes avec une traîtrise et une lâcheté sans précédent contre le Liban, sa capitale Beyrouth et sa banlieue sud, comme ce fut le cas lors du Mercredi noir. Il a froidement assassiné des membres des forces de sécurité de l'État à Nabatieh après l'annonce du début des négociations. Il rejette le droit du peuple palestinien à l'autodétermination afin de l'empêcher de réaliser ses aspirations et d'obtenir ses droits légitimes. Il tente d'annexer Jérusalem et la Cisjordanie et a promulgué la loi d'apartheid pour exécuter les résistants palestiniens. Il laisse libre cours à la colonisation et permet aux colons de commettre des crimes contre le peuple palestinien. Il occupe, attaque et étend son occupation des territoires syriens. Il cherche à contrôler le Moyen-Orient et à instaurer un impérialisme régional, contraire aux intérêts des peuples de la région et des États arabes, par la guerre, la destruction et les assassinats.
6. La nécessité de privilégier l'unité nationale, de prévenir les dissensions et de rejeter les discours sectaires, incendiaires et accusateurs.
Cet engagement doit être pris par toutes les parties prenantes, que ce soit dans la rue, dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, il est essentiel de travailler à un consensus national sur toute mesure ayant des implications nationales, de respecter la mise en œuvre des clauses de réforme de l'Accord de Taëf, de s'unir contre l'agression et l'occupation israéliennes, et d'affirmer l'unité et l'intégrité du territoire libanais, la reconstruction, le droit au retour et le droit du peuple libanais à vivre en démocratie, en paix, en sécurité, dans la stabilité politique et la prospérité économique, au sein d'un État laïque et démocratique qui résiste à l'occupation et protège sa souveraineté.
7. Nous œuvrons à mobiliser un soutien politique en faveur du Liban afin de mettre un terme à l'agression israélienne et d'obtenir le retrait des forces israéliennes. Pour ce faire, nous menons une campagne politique intensive auprès de tous les peuples épris de liberté à travers le monde, notamment les forces et partis communistes, de gauche, progressistes et démocratiques, ainsi qu'auprès de toutes les institutions, instances et assemblées, et des États arabes, européens, asiatiques et africains, en particulier ceux qui sont amis du Liban et qui exercent une influence significative sur les événements actuels. Ces pays ont maintes fois affirmé leur soutien au Liban et à son intégrité territoriale et ont condamné l'agression israélienne à son encontre. Nous leur exprimons notre gratitude et notre reconnaissance pour l'aide humanitaire et solidaire qu'ils ont apportée et continuent d'apporter, ainsi que pour leurs efforts constants, leurs contacts et leur soutien politique au Liban lors des réunions et négociations en cours.
Le Parti communiste libanais estime que le Liban se trouve aujourd'hui à un tournant historique décisif qui déterminera l'orientation de son développement constitutionnel, politique, économique et social, ainsi que ses relations internationales et arabes dans un avenir proche. Le moment est venu pour chacun d’assumer ses responsabilités nationales, afin que ce chemin devienne un chemin d’unité, de construction, de libération, de démocratie véritable et de progrès économique, jetant ainsi les bases du Liban de demain et un rempart contre l’expansion israélienne et son régime raciste et fasciste.
Beyrouth, le 12 avril 2026
Le Bureau politique du Parti communiste libanais
Traduit de l'arabe par Roland Richa

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