Israël bombarde de nouveau le sud du Liban

 

Après avoir affirmé que le cessez-le feu ne concernait pas le Liban, Israël a mené plusieurs bombardements dans le sud du pays dans la matinée, annonce l’Agence nationale d’information (NNA), après avoir émis un nouvel ordre d’évacuation pour la région de Tyr. Le porte-parole de l’armée en langue arabe, le colonel Avichay Adraee, avait lancé un « avertissement urgent et répété aux habitants de la ville de Tyr, en particulier à Shabriha », les appelant à évacuer « immédiatement ». De son côté, le groupe armé libanais Hezbollah n’a plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis le milieu de la nuit.

La stratégie d’Israël au Liban
Les dernières évolutions de la guerre au Moyen-Orient ont permis de rappeler qu’une constante reste : Israël n’a jamais perdu de vue le Liban. « Le retour au sud du Litani de plus de 600 000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d’Israël) ne seront pas garanties », a encore redit le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, le 31 mars, soit près d’un mois après le déclenchement de la guerre.
Sur sa lancée, il a annoncé qu’« à la fin de cette opération » l’armée israélienne « s’installera dans une zone de sécurité à l’intérieur du Liban ». Autrement dit, un quart de siècle après son retrait du sud de ce pays, Israël entend s’y réinstaller. Alors que Tel-Aviv souhaite créer des « zones de sécurité » et une zone tampon au sein même du territoire libanais, son armée a été surprise par les combats menés par le mouvement islamiste du Hezbollah. L’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l’Iran pourrait amener à une nouvelle évolution. 


« Nous devons tout faire pour soutenir et pérenniser ce cessez-le-feu », annonce Londres
Le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, a lui aussi salué l’accord de cessez-le-feu, « qui apportera un soulagement à la région et au monde ». Le chef de gouvernement a prévu de se rendre au Moyen-Orient dans la journée, afin d’y rencontrer les dirigeants du Golfe. « Avec nos partenaires, nous devons tout faire pour soutenir et pérenniser ce cessez-le-feu, le transformer en un accord durable et rouvrir le détroit d’Ormuz », a-t-il annoncé.

Incertitudes sur le prix des hydrocarbures
Le retour à la normale des prix des hydrocarbures, et notamment du kérosène, prendra « plusieurs mois », même en cas de réouverture durable du détroit d’Ormuz, a annoncé Willie Walsh, le directeur général de l’International Air Transport Association (« Association du transport aérien international », IATA), la principale association mondiale de compagnies aériennes.
« Je pense qu’il faudra encore plusieurs mois pour retrouver le niveau d’approvisionnement nécessaire, compte tenu des perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient, qui constituent un maillon essentiel de l’approvisionnement mondial en produits raffinés », a-t-il affirmé lors d’une conférence tenue à Singapour. En France, les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » le litre « très rapidement », a estimé le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

En Israël, Yaïr Lapid estime qu'il « n’y a jamais eu un tel désastre politique dans toute l’histoire »
Tandis qu’Israël compte poursuivre les bombardements au Liban, le chef de l’opposition à la Knesset, Yaïr Lapid, a estimé que le soutien de Tel-Aviv au cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis est un échec. Le chef de file du parti Yesh Atid affirme même qu’il « n’y a jamais eu un tel désastre politique dans toute l’histoire » d’Israël. Il a ensuite expliqué que le premier ministre Benyamin Netanyahou – visé par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité – a « échoué politiquement, a échoué stratégiquement et n’a atteint aucun des objectifs qu’il s’était lui-même fixés ».

Les réactions se multiplient à l'international
Les premières réactions au cessez-le-feu accepté par les États-Unis et l’Iran commencent à tomber. En voici un premier récapitulatif :

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a salué la trêve temporaire, tout en exhortant toutes les parties « à respecter leurs obligations en vertu du droit international » et poursuivre leurs efforts afin d’arriver à une « paix durable et globale » au Moyen-Orient.
Le ministère irakien des Affaires étrangères a appelé, sur X, à la mise en place de « dialogues sérieux et durables qui s’attaquent aux causes profondes des différends et renforcent la confiance mutuelle » entre les États-Unis et l’Iran.
Le gouvernement sud-coréen espère que les négociations entre les deux parties « aboutiront » et que « la paix et la stabilité au Moyen-Orient seront rétablies dans les meilleurs délais ». De plus, Séoul « espère que la liberté et la sécurité de navigation de tous les navires, y compris ceux de la Corée du Sud, dans le détroit d’Ormuz seront rapidement garanties ».
Après avoir salué la mise en place d’une trêve, l’Australie a estimé que plus la guerre se prolongera, « plus l’impact sur l’économie mondiale sera important et plus le coût humain sera élevé ». Le premier ministre australien, Anthony Albanese, appelle ainsi « à respecter le droit international humanitaire et à protéger la vie des civils ».
La Nouvelle-Zélande estime de son côté qu’il « reste encore beaucoup à faire dans les jours à venir pour garantir un cessez-le-feu durable », a annoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Winston Peters.
Le Japon a salué le cessez-le-feu temporaire annoncé dans la soirée de mardi, ajoutant qu’il « s’attend » à ce que cette mesure aboutisse à un « accord final ». Alors que 93 % de son pétrole transite par le détroit d’Ormuz, Tokyo a annoncé que la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a cherché à entamer des pourparlers avec le président iranien, Massoud Pezeshkian.

Donald Trump annonce un « grand jour pour la paix mondiale »
En partie à l’origine de la guerre ayant ébranlé le Moyen-Orient, Donald Trump a enchaîné les superlatifs pour évoquer le cessez-le-feu négocié avec l’Iran. Le président des États-Unis a d’abord qualifié mardi de « grand jour pour la paix mondiale », affirmant que l’Iran en avait « assez ».
Puis a déclaré que les États-Unis allaient « aider à fluidifier le trafic » dans le détroit d’Ormuz et que « d’importants profits seront réalisés » dans la région. « Il pourrait s’agir de l’âge d’or du Moyen-Orient », a-t-il poursuivi. Washington doit encore confirmer sa position sur l’invitation aux pourparlers prévus vendredi à Islamabad (Pakistan).
Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), l’élu républicain a estimé que les États-Unis ont remporté une « victoire totale et complète » et que les stocks d’uranium iraniens pourraient « parfaitement (être) pris en charge » dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, tout en soulignant que la Chine avait contribué à amener l’Iran à négocier avec les États-Unis.

Téhéran soumet un plan en dix points à Washington
Outre l’accord de cessez-le-feu, Téhéran a soumis un plan en dix points aux États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Dévoilé par le Conseil suprême de la sécurité nationale, celui-ci prévoit que Washington accepte la poursuite du programme iranien sur l’enrichissement d’uranium.
Le plan inclut aussi la poursuite du contrôle iranien du détroit d’Ormuz, un principe de non-agression, le versement de compensations, le retrait des forces militaires états-uniennes, la fin des combats sur tous les fronts, ainsi que la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires. L’Iran réclame enfin l’arrêt des résolutions votées par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), comme par le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les États-Unis et l’Iran annoncent un cessez-le-feu
Près d’une heure avant l’expiration de son ultimatum, dans la soirée de mardi, le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé prendre part au cessez-le-feu accepté par l’Iran, par la médiation du Pakistan. Prévu pour durer deux semaines, cet accord n’était envisageable pour Washington que si Téhéran rouvrait « complètement » le détroit d’Ormuz. Condition acceptée par l’Iran, a annoncé le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi.
Si Israël a annoncé soutenir le choix des États-Unis, Benyamin Netanyahou a déjà commencé à tordre l’accord pour imposer son agenda meurtrier. Alors qu’Islamabad a annoncé que les bombardements sur le sud du Liban devaient être interrompus, le premier ministre israélien a affirmé que le cessez-le-feu « ne concerne pas le Liban ». Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a « salué » l’arrêt temporaire des combats entre les États-Unis et l’Iran.

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