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| Pedro Sanchez sauve (un peu) l’honneur des Européens, incapable de prendre leurs responsabilités vis-à-vis d’Israël et ses violations répétées du droit international.© Thomas COEX / AFP |
Même la Commission européenne, que l’on peut difficilement cataloguer à l’extrême gauche, a plaidé pour une suspension totale ou au moins partielle de l’accord d’association entre Bruxelles et Tel-Aviv afin de contraindre les autorités israéliennes à cesser de perpétrer des crimes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. En vain. L’opposition de l’Allemagne ou de la Hongrie, hier encore dirigée par Viktor Orban – chantre de l’extrême droite internationale et allié des suprémacistes israéliens –, emmure l’Europe dans un silence complice.
L’Espagne de Pedro Sanchez, qui s’oppose avec courage aux oukases de la Maison-Blanche et aux fossoyeurs de la charte des Nations unies, ne s’avoue pas vaincue. Ce mardi 21 avril, Madrid redemandera la suspension dudit accord, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg. Le principe, défendu par le président socialiste du gouvernement espagnol, ne souffre aucun compromis : on ne commerce pas avec un pays qui viole le droit international et piétine chaque jour l’article 2 de ce partenariat économique, fondé sur « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques ».
Les réfractaires aux sanctions contre un gouvernement qui compte dans ses rangs des criminels de guerre devraient procéder à un examen de conscience. Le cessez-le-feu d’octobre 2025 et l’entrée en vigueur du prétendu plan de paix de Donald Trump n’ont pas fait taire les armes : au moins 750 Palestiniens ont été tués depuis lors, portant à plus de 72 200 le nombre de personnes assassinées à Gaza depuis le 7 octobre 2023. En Cisjordanie occupée, les colons et l’armée israélienne sèment la terreur et la désolation au mépris de toutes les résolutions onusiennes. Il est temps que l’UE cesse de tourner le dos au droit international, au prix d’une faillite morale, humaine et politique.
Cathy Dos Santos
L'Humanité du 20 avril 2026

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