Donald Trump annonce un cessez-le-feu de 10 jours au Liban

 

Donald Trump vient d’annoncer un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban.© Salwan Georges - Pool via CNP/ZUMA-REA
Le gouvernement israélien sous pression des États-Unis serait sur le point d’accepter une trêve, ce jeudi soir. Plus d’un mois après son offensive illégale au Liban, débutée le 2 mars, ses objectifs sur le terrain de créer une zone tampon sont atteints. Les crimes de guerre et les violations internationales ne pèsent guère.
A 23 heures au Liban, les bombardements israéliens vont enfin cesser. Un cessez-le-feu est enfin acté, ce jeudi entre Beyrouth et Tel-Aviv. C’est le président des Etats-Unis Donald Trump qui l’a annoncé sur son réseau Social Truth. « Je viens d’avoir d’excellentes conversations avec le très respecté président du Liban Joseph Aoun et le premier ministre d’Israël Benyamin Netanyahou. Ces deux dirigeants se sont accordés sur le fait que, pour parvenir à la PAIX entre leurs deux pays, ils commenceront formellement un cessez-le-feu de dix jours à partir de 17h00 (heure de Washington, NDLR ) », a écrit le milliardaire républicain.
Au fil de la journée, la perspective d’une trêve s’est renforcée. Plusieurs sources de l’armée israélienne citées par le quotidien Haaretz ou le site d’information Axios, ont indiqué que le gouvernement israélien serait sur le point d’accepter une pause dans guerre illégale au Liban, qui a débuté, le 2 mars. La coalition d’extrême-droite du premier ministre Benyamin Netanyahou a décidé de stopper les opérations de bombardements et ces multiples crimes après avoir créé une zone tampon dans le sud-Liban. Le bilan s’élève au moins à 2 167 morts après 43 décès supplémentaires enregistrés au cours des dernières 24 heures, selon le ministère libanais de la Santé.

Un entretien entre Trump et Aoun
L’autre indication est une rencontre la semaine prochaine à Washington entre les chefs d’État israélien et libanais à la Maison Blanche « pour les premières discussions constructives entre Israël et le Liban depuis 1983 », promet Donald Trump. Cette rencontre interviendrait après celle qui s’est tenue mardi à Washington entre l’ambassadeur israélien et son homologue libanais, les premières du genre depuis 1993. Lors d’un entretien ce jeudi après-midi, avec le dirigeant libanais Joseph Aoun, le président américain s’était engagé « à répondre à la demande d’un cessez-le-feu dans les plus brefs délais », rapportait la présidence libanaise. Plus tôt dans la journée, le président Trump avait indiqué sur les réseaux sociaux que les dirigeants israéliens et libanais avait discuté d’une trêve.
Au final, Tel-Aviv acte son occupation en totale violation du droit international et de la souveraineté du Liban, d’un territoire allant de la frontière nord d’Israël au fleuve Litani. Son objectif étant partiellement atteint, les autorités israéliennes sont prêtes à négocier et arrêter leur offensive. Elles doivent également s’y plier sous une pression accrue de Washington. Le président Donald Trump cherche une porte de sortie à sa guerre lancée en Iran, le 28 février. Avec les pourparlers qui pourraient reprendre à Islamabad au Pakistan et une trêve qui doit prendre fin le 24 avril, le milliardaire républicain doit céder sur une des exigences de Téhéran : la fin du conflit au Liban.
Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 7 avril et qui entré en vigueur le lendemain, entre l’Iran, Israël et les Etats-Unis, les autorités iraniennes ont répété à plusieurs reprises que la trêve comprenait également le territoire libanais. Le président Massoud Pezeshkian affirmait qu’il s’agissait d’une des « conditions essentielles » du plan en dix points. Dans un message publié jeudi sur Télégram, le président du Parlement iranien a par ailleurs dit suivre « de près » la situation au Liban et que l’instauration d’un cessez-le-feu est « une question primordiale à nos yeux ».
Alors que les négociations doivent également reprendre entre Washington et Téhéran, dans les prochains jours, l’administration états-unienne pour se donner les chances d’aboutir à un accord ont donc fait pression sur Benyamin Netanyahou.

Un deuxième cycle de négociation prévu
La veille, c’est le média panarabe Al Mayadeen proche du régime islamiste iranien qui avait révélé l’hypothèse d’un cessez-le-feu « à la suite d’intenses pressions et démarches menées » par Téhéran. Les Etats-Unis et l’Iran auraient également trouvé un accord de principe pour prolonger la trêve selon l’agence Associated Press. De son côté, l’Iran a réaffirmé sa volonté de négocier mais campe sur une exigence iranienne majeure: le droit du pays à un programme nucléaire civil, ouvrant seulement la porte à des débats sur « le niveau et le type d’enrichissement » d’uranium.
De son côté, les autorités pakistanaises ont indiqué préparer un deuxième cycle de négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran, sans donner une date précise. Leurs médiateurs de haut rang se trouvait actuellement à Téhéran dans le but de consolider un cessez-le-feu. Des responsables américains et iraniens ont confirmé que les négociations indirectes se poursuivaient.
Seulement sept semaines après le début de la guerre, les objectifs d’Israël et des Etats-Unis restent « identiques », a assuré Benyamin Netanyahou, citant notamment « l’abandon de la capacité d’enrichissement à l’intérieur de l’Iran ». Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a renchéri que si l’Iran rejetait une proposition américaine lui demandant notamment de renoncer à « l’armement nucléaire », Israël mènerait des frappes « encore plus douloureuses » contre de nouvelles cibles et que le mauvais choix « mène à un abîme ».

Vadim Kamenka
L'Humanité du 16 avril 2026

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