Téhéran a annoncé ce vendredi la réouverture totale du détroit durant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël. À Paris, les dirigeants du Vieux continent ont annoncé l’envoi de navires d’escorte et de déminage « dès que ce sera possible ».
Le soulagement laisse rapidement place à l’urgence. Celle d’agir en une simple décade, la durée du cessez-le-feu accepté entre Israël et le Liban, ce jeudi 16 avril. Quelques heures après, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi annonçait sur X ce vendredi après-midi que « le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est déclaré complètement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu ». Cette réouverture, qui a immédiatement fait baisser le prix du pétrole, est assortie d’une « route coordonnée » que contrôlera Téhéran.
Mais aussi du blocage maritime opéré par les États-Unis, « à l’égard de l’Iran, uniquement, jusqu’à ce que notre transaction avec l’Iran soit 100 % complète », a affirmé Donald Trump sur ses réseaux, après s’être félicité de l’acte iranien et d’un « grand et brillant jour pour le monde ». « L’Iran, avec l’aide des États-Unis, a enlevé ou est en train d’enlever toutes les mines marines », a ajouté le président milliardaire.
En dix jours, les médiateurs comme la Chine, le Pakistan, le Qatar, Oman ou les Émirats arabes unis doivent désormais pérenniser cette relative accalmie, pour éviter que les bombes états-uniennes et israéliennes ne recommencent à dévaster le sud du Liban et l’Iran. À Beyrouth, de nombreuses familles ont déjà saisi l’occasion pour regagner leur foyer, dont elles ne savent s’il est encore debout.
Les évènements récents sont encourageants
Pendant ce temps, la conférence internationale tenue à l’Élysée pour la sécurisation du trafic maritime a appris la réouverture du détroit pendant la réunion. Autour d’Emmanuel Macron, il y avait 49 dirigeants, avec notamment l’Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer et l’Italienne Giorgia Meloni, qui se sont exprimés tous les quatre ce vendredi. « Les évènements récents sont encourageants même si nous devons les considérer avec prudence, a déclaré le président français. Nous nous opposons à toute restriction ou péage qui équivaudrait à une tentative de privatiser le détroit. »
De son côté, le premier ministre britannique a évoqué une « mission défensive » et « neutre » maritime, qui consistera en l’envoi de navires militaires dans le détroit d’Ormuz pour « escorter et accompagner les navires » commerciaux « dès que ce sera possible », avec le soutien de l’Union européenne et de l’Organisation maritime internationale.
Mais aussi pour « soutenir les opérations de déminage ». Pour la France, une partie des navires qui accompagnent le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée et en mer Rouge « sera allouée à l’effort » dans le golfe Persique. Si Emmanuel Macron a évoqué une mission « bien distincte des belligérants », il a tout de suite annoncé une « coordination étroite avec les Américains et les Israéliens ».
Prochaine étape la semaine prochaine, avec une nouvelle « réunion de planification militaire », à Londres cette fois. « Nous invitons toutes les nations à nous rejoindre », a affirmé Keir Starmer, se félicitant qu’une « douzaine de pays a déjà annoncé leur contribution matérielle ».
Axel Nodinot
L'Humanité du 17 avril 26

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