Après la défaite d’Orban en Hongrie, quels alliés pour Netanyahou en Europe ?

 

Alors que Viktor Orban vient de perdre les législatives en Hongrie, le futur premier ministre du pays, Péter Magyar, semble moins enclin à rester l’allié de Netanyahou. À l’avenir, il « ne peut garantir que la Hongrie continuera à faire obstacle aux décisions de l’UE concernant Israël »© Attila Volgyi/Xinhua/ABACA
Après la défaite de Viktor Orban aux législatives, le premier ministre israélien perd un partenaire clé sur le continent. Si la remise en cause de l’accord d’association UE-Israël paraît encore lointaine, les lignes semblent bouger.
Il jugeait déjà les relations de l’Union européenne (UE) et d’Israël « pas toujours amicales ». Il risque désormais de les trouver franchement hostiles. Après la défaite de son meilleur allié européen, le futur ex-premier ministre hongrois Viktor Orban, aux législatives du 12 avril, Benyamin Netanyahou semble désormais un peu plus isolé.
Alors que les Vingt-Sept n’ont jamais jugé utile de remettre en cause leur accord d’association avec Israël malgré la guerre génocidaire menée à Gaza, le bloc semble à un tournant. Le débat politique paraît ouvert après que l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont demandé la mise à l’ordre du jour de la question, ce 21 avril, au Conseil des ministres des Affaires étrangères. L’an dernier, une initiative similaire des Pays-Bas avait échoué à obtenir la majorité qualifiée (15 États, représentant au moins 65 % de la population de l’UE).
L’UE n’a pas encore l’air prête à franchir le pas, et d’éventuelles sanctions supplémentaires ne devraient pas dépasser le stade des mesures de rétorsion contre les colons violents en Cisjordanie, mais elle envoie un signe. « Nous considérons (la rupture de l’accord d’association – NDLR) comme inapproprié(e) », confirme le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Toutefois, son pays, l’un des plus fervents soutiens d’Israël en Europe, commence à formuler des critiques qui n’existaient pas il y a quelques mois encore.
Ainsi, le chancelier allemand, Friedrich Merz, s’est récemment dit « profondément préoccupé par l’évolution de la situation dans les territoires palestiniens ». Aussi timide soit-il, le pas existe.
De même en Italie où la présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, a annoncé la semaine dernière la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël après des tirs de sommation contre un convoi de casques bleus italiens, participant à la mission de la Finul, au sud du Liban.
La guerre menée contre le pays du Cèdre semble avoir rebattu les cartes auprès des Européens les mieux disposés vis-à-vis d’Israël. « Les choses ne peuvent pas continuer comme il y a quelques années, d’évidence », appuie le président français. Toutefois, tempère Emmanuel Macron, « ce n’est pas dans le moment où, il y a quelques jours, Israël a accepté un cessez-le-feu pour le Liban et s’est engagé dans des discussions qu’il faut précipiter une confrontation ».

Application du mandat d’arrêt contre Netanyahou
La véritable rupture est venue de Hongrie avec le futur premier ministre, Péter Magyar, qui a annoncé, le 20 avril, qu’il entendait annuler le retrait de son pays de la Cour pénale internationale (CPI), décidé par Viktor Orban, et exécuter ses mandats d’arrêt, y compris celui qui court contre Benyamin Netanyahou. Israël assure pourtant que ce dernier a été invité à Budapest, le 23 octobre, à l’occasion du 70e anniversaire de la révolution de 1956.
Péter Magyar, qui dit avoir à cœur de préserver la relation spéciale entre la Hongrie et Israël, précise à cet égard avoir invité tous les responsables avec lesquels il s’était entretenu depuis sa victoire. « Je n’ai pas besoin de tout dire au téléphone. Je pars du principe que chaque chef d’État et de gouvernement connaît ces lois », a-t-il rétorqué. À l’avenir, il « ne peut garantir que la Hongrie continuera à faire obstacle aux décisions de l’UE concernant Israël ».
Dès lors, sur qui Benyamin Netanyahou peut-il compter ? La République tchèque a souvent soutenu les positions israéliennes dans les instances internationales, parfois à contre-courant d’autres pays de l’UE. La semaine dernière encore, le chef de la diplomatie, Petr Macinka, rencontrait le premier ministre israélien.
Lors de cet entretien, le premier ministre israélien a confirmé prendre en compte la nouvelle donne stratégique et vouloir amener la relation bilatérale « à un niveau supérieur ».

Lina Sankari
L'Humanité du 22  avril 2026



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