À Chypre, les Vingt-Sept veulent peser sur la paix au Moyen-Orient

 

Ce renforcement des liens entre l’Europe et la région du Moyen-Orient est l’un des objectifs de la présidence tournante de Chypre du Conseil de l’UE, jusqu’en juin.© NICOLAS TUCAT/AFP
Le sommet informel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne s’est achevé ce vendredi, à Nicosie. Les dirigeants ont pu échanger avec les présidents du Liban, de l’Égypte, de la Syrie et le prince héritier de Jordanie et réfléchissent à la mise en pratique de la clause de défense mutuelle du traité de Lisbonne.
Les dirigeants européens des Vingt-Sept se sont réunis à Chypre depuis jeudi. Ce sommet informel devait illustrer la solidarité de l’Union européenne avec l’île et son million d’habitants. La base militaire britannique d’Akrotiri, au sud du pays avait essuyé le tir d’un drone Shahed, de fabrication iranienne, dans la nuit du 1er au 2 mars, provoquant des dégâts mineurs. L’inquiétude reste réelle après le déclenchement de la guerre illégale contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février.
À Nicosie, les chefs d’État et de gouvernement ont appelé, vendredi, à la désescalade au Moyen-Orient en organisant un déjeuner de travail avec les présidents du Liban, de l’Égypte, de la Syrie et le prince héritier de Jordanie. Chypre qui se trouve en Méditerranée orientale est à une centaine de kilomètres des côtes libanaises. « L’Europe doit s’engager encore davantage », a déclaré le président français. Emmanuel Macron a ajouté que « nous avons tous intérêt » à ce que la stabilité revienne « le plus vite possible » avant de s’envoler pour la Grèce pour une visite de deux jours visant à
évoquer le partenariat de défense et l’achat de Rafale. Israël, qui avait pourtant reçu une invitation en bonne et due forme, n’a pas souhaité se joindre à la réunion, laissant l’interprétation libre quant à sa volonté réelle de dialoguer avec l’UE et ses voisins dans la région.

Des discussions sur la clause d’assistance mutuelle
Ce renforcement des liens entre l’Europe et la région du Moyen-Orient est l’un des objectifs de la présidence tournante de Chypre du Conseil de l’UE, jusqu’en juin. Une plus grande coopération a été défendue par le président chypriote, Nikos Christodoulides lors du sommet. L’Europe doit faire « beaucoup plus » a-t-il également plaidé notamment en menant « des discussions avec le Liban en vue de conclure un accord stratégique et global ».
Les discussions ont également porté sur la clause de défense mutuelle, inscrite dans le traité de Lisbonne. L’article 42-7 prévoit qu’au cas où un pays de l’UE serait « l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ». La Commission européenne va présenter un projet dans les mois qui viennent « sur la manière dont nous réagissons lorsqu’un État membre invoque l’article 42.7 », a indiqué Nikos Christodoulides.
La réouverture du détroit d’Ormuz et l’impact économique de la guerre sur l’UE ont été abordés. Les dirigeants de l’Allemagne et des Pays-Bas ont profité du sommet pour appeler à réduire certaines dépenses dans le futur budget européen. Les 27 pays de l’UE doivent adopter en juin des propositions communes pour le prochain budget européen (2028-2034), avant d’entamer des négociations particulièrement serrées avec le Parlement, qu’ils espèrent conclure en décembre. La Commission européenne a proposé un budget total de 2 000 milliards d’euros.

Vadim Kamenka
L'Humanité du 24 avril 26

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