Les profits des entreprises soutenant Israël dans le monde arabe : Finançons-nous la guerre avec notre argent ?

 

Les entreprises soutenant l'entité sioniste, telles que Coca-Cola, Starbucks, McDonald's, Google, Amazon, Meta et autres, engrangent 65 milliards de dollars par an dans la région arabe. Ces chiffres représentent environ 12 % de leur chiffre d'affaires mondial. Au Liban seulement, on estime que le chiffre d'affaires total de ces entreprises atteint 400 millions de dollars par an.
Alors, nous sommes-nous déjà demandé combien de vies perdues au Liban, en Palestine, en Iran, en Irak et au Yémen sont financées par notre argent ? Combien de repas rapides, de cafés ou d'abonnements numériques considérons-nous comme de simples dépenses quotidiennes, alors qu'une partie de leur coût alimente la machine de guerre américano-israélienne ? Ce plaisir éphémère justifie-t-il de participer au bain de sang de nos victimes et de nos martyrs ?
À une époque où la consommation n'est plus une simple habitude mais une prise de position morale, la question cruciale est devenue : boycottons-nous ce terrorisme, ou le finançons-nous, sciemment ou non ? J'écris ces mots en pleine conscience du prix qu'ils auront à payer, car j'ai appris que dire la vérité aux puissants a un coût. À une époque où la « neutralité » prime sur la justice, il suffit de s'élever contre les entreprises complices pour se heurter à un mur. Pourtant, aucun regret, car perdre son emploi ou une opportunité est bien plus facile que de renoncer à ses convictions.

Contributions des entreprises en chiffres
Les multinationales dont nous consommons quotidiennement les produits, telles que McDonald's, Starbucks, Coca-Cola, Pepsi, Google, Amazon et Meta, n'ont jamais été irréprochables. Ces entreprises, ainsi que d'autres figurant sur les listes de boycott en raison de leur implication dans le soutien financier à la machine de guerre américano-israélienne, que ce soit par des dons directs à l'armée ou par le biais de campagnes médiatiques et technologiques visant à justifier les crimes contre les civils.
Ces entreprises réalisent 20 % de leurs bénéfices mondiaux totaux sur les marchés arabes et islamiques, selon les estimations de leurs rapports financiers relatifs à leurs chiffres de vente mondiaux. Cela pourrait représenter des dizaines de milliards de dollars par an (certaines estimations atteignent environ 65 milliards de dollars par an, sur la base des chiffres de vente publiés entre 2020 et 2024).
Au Liban, les ventes de ces marques dépassent 400 millions de dollars par an, répartis entre les hôtels, les restaurants, les supermarchés et le commerce en ligne. Dans un pays où les citoyens peinent à subvenir à leurs besoins essentiels, ces chiffres sont terrifiants car ils signifient que, par notre labeur et notre argent, nous finançons un État qui considère le Liban, notre sang et notre terre comme des cibles légitimes à tout moment.
Par exemple, dans le monde arabe et musulman, Coca-Cola et Pepsi génèrent des milliards de dollars chaque année, tandis que Google et Meta dépendent des utilisateurs arabes pour générer environ 12 % de leurs revenus publicitaires mondiaux, selon les estimations des consommateurs. Les utilisateurs arabes consultent des publicités et versent de l'argent à des plateformes qu'Israël utilise pour promouvoir sa propagande de guerre et justifier ses crimes.

Le boycott comme choix
Et si nous décidions de boycotter ? Imaginons un instant l'impact. Si les consommateurs libanais réduisaient leurs achats auprès de ces entreprises de 20 %, cela engendrerait des pertes annuelles dépassant 80 millions de dollars, selon des estimations approximatives ! Et si les populations arabes et musulmanes faisaient de même, les profits de ces entreprises chuteraient de 15 à 20 milliards de dollars par an.
Historiquement, les boycotts ont prouvé leur efficacité. Le boycott international contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud a été l'une des principales causes de sa chute. Aujourd'hui, l'impact pourrait être identique, voire plus important, car l'économie de ces entreprises repose sur la fidélité des consommateurs, et non sur la simple exploitation des ressources. C'est là que réside la responsabilité humaine, morale et légale de chaque individu dans cette société. Le pouvoir ne se limite pas aux armes ; le véritable pouvoir réside dans la prise de conscience des individus et leurs choix quotidiens.
Boycotter n'est ni haine ni isolement économique, mais une prise de position morale collective qui affirme : « Nous ne financerons pas nos assassins. » Chaque lire dépensée contribue soit à la mort d'un enfant, soit à la construction d'une nation juste. Acheter auprès d'une entreprise soutenant Israël, c'est non seulement participer, mais aussi, même partiellement, à la perpétuation d'une tragédie qui dure depuis plus de 78 ans, de la Nakba de 1948 aux massacres de 1982 et 2006, jusqu'aux génocides répétés perpétrés aujourd'hui contre la Palestine et le Liban.
Tout ce qu'on nous demande, c'est de repenser notre approche. De comprendre que dire « non » à un produit est une forme de résistance.
Boycotter, ce n'est pas simplement boycotter ; c'est une prise de conscience collective qui refuse de se rendre complice d'un génocide.
De Beyrouth à Saïda, de Tripoli à Tyr, de la vallée de la Bekaa aux montagnes, nous participons tous à un seul et même combat : un combat pour la dignité et la justice économique. Chaque fois que nous levons un verre de soda ou ouvrons une application qui soutient l'occupation, nous la laissons se perpétuer. Chaque fois que nous boycottons, nous affaiblissons sa structure économique et envoyons un message clair au monde entier : l'Amérique n'est pas seulement le Grand Satan, et Israël n'est pas seulement un ennemi militaire ; ce sont des États voyous qui ne respectent ni le droit ni l'humanité, et tous ceux qui les soutiennent en portent une responsabilité morale.
Enfin, permettez-moi d'être clair : les combats ne se gagnent pas seulement avec des armes, mais aussi avec la conscience. Et notre conscience économique est l'arme qu'Israël redoute le plus.

Mohammad Ibrahim
Le 29 mars 2026
Traduit de l'arabe par Roland Richa

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