Le New York Times pris au piège du récit israélien

 

Il n'est pas rare que les médias occidentaux adoptent pleinement le discours de l'agresseur. Cependant, il y a un monde entre la volonté de maintenir une apparence de professionnalisme pour préserver sa crédibilité et le comportement du New York Times. Ce dernier a constamment été accusé de pratiquer le deux poids, deux mesures dans divers aspects de son travail, notamment concernant sa couverture du conflit israélo-palestinien, sa vérification sélective des faits et ses pratiques de recrutement.
Au fil des ans, les critiques se sont intensifiées quant à l'application par le journal de critères incohérents selon les groupes ou les sujets traités. Dans ce contexte, les réseaux sociaux regorgent de commentaires indignés sur la couverture actuelle par le quotidien américain de l'agression multiforme contre l'Iran.

Un jeu de mots
Dans ce contexte, des militants ont partagé une capture d'écran des gros titres du New York Times des dernières heures, révélant, au mieux, un traitement différencié, voire, comme l'ont exprimé certains commentaires, une politique systématique visant à condamner la victime et à blanchir l'image de l'agresseur. L'image montre deux articles : le premier, intitulé « L'Iran affirme que des dizaines de personnes ont été tuées lors d'une grève scolaire », met en évidence la première partie du titre, qui attribue la source à l'Iran afin de discréditer l'information, tandis que la seconde partie masque l'identité de l'auteur de la frappe. Pour illustrer davantage les points soulevés par le premier titre, le second article révèle l'approche du journal lorsqu'un événement similaire se produit du côté palestinien.
L'article affirme : « Neuf morts dans une ville israélienne près de Jérusalem après une frappe de missile iranienne.» Dans ce cas précis, le journal a humanisé l'événement en présentant les chiffres comme des faits avérés, en insistant sur l'identité de l'auteur et en reprenant l'information sans citer aucune autre source.

Un passé de partialité
Cette vague de protestations numériques contre le journal américain s'inscrit dans un contexte historique marqué par de nombreuses études et critiques confirmant sa partialité manifeste en faveur de l'occupation. À cet égard, il a été accusé d'humaniser les prisonniers israéliens tout en minimisant le sort des Palestiniens ou en utilisant un langage négatif pour décrire leur mort. Par ailleurs, l'année dernière, le paysage médiatique américain a été secoué par le parti pris du journal contre les Palestiniens, exigeant une révision de sa ligne éditoriale et la rétractation des articles alimentant une guerre de propagande à laquelle il s'est lui-même engagé. De plus, des notes internes datant de 2024 ont révélé que le journal forçait ses rédacteurs à utiliser une terminologie servant son discours politique, sans aucun égard pour le professionnalisme journalistique ni même pour les normes éthiques et humanitaires les plus élémentaires.

Un journalisme sans professionnalisme
La réputation du New York Times a été encore davantage ternie par sa couverture actuelle, ajoutant un nouveau chapitre à la longue liste d'accusations qui confirment les dires de ses détracteurs. Ce rôle de soldat dans la guerre de propagande ne se limite pas aux seuls journaux. Plusieurs chaînes de télévision, stations de radio et journaux, comme la BBC, ont été pointés du doigt à plusieurs reprises ces derniers temps, soutenant cette approche.
Cependant, l'immense influence financière et mondiale de ces médias, qui déforment les faits pour les faire coller à leurs récits, se heurte à une nouvelle réalité contemporaine imposée par les plateformes de médias sociaux. Ces plateformes ont permis aux militants de dénoncer cette pratique auprès des utilisateurs du monde entier. Par conséquent, ce comportement représente une menace croissante pour la confiance du public envers les médias dans leur ensemble. Le New York Times et d'autres médias qui recourent à des tactiques sournoises ne sont plus efficaces à l'ère numérique. En réalité, à moyen et long terme, ils nuisent à la crédibilité de la profession et à la perception qu'a le public de celle-ci, soit comme source d'information fiable, soit comme porte-parole politique insultant l'intelligence de son lectorat.

Ali Srour
Le 05 mars 2026

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