Haitham al-Moussawi immortalise sa blessure avec un appareil photo

 

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Le photographe Haitham al-Moussawi, chef du service photo du journal Al-Akhbar, a immortalisé sa blessure du dimanche 08 mars, alors qu'il travaillait près de l'église Mar Mikhael, dans la banlieue sud de Beyrouth, comme s'il s'agissait d'une photographie d'exposition témoignant de la guerre menée par l'ennemi israélien contre le Liban.
Quelques secondes après avoir été blessé, al-Moussawi a levé son appareil photo et a déclenché. Sa jambe était couverte de sang et il était entouré de ruines. Cette image témoigne de la criminalité de l'ennemi, qui tente de faire taire les appareils photo et de cibler les photographes dans l'exercice de leur profession. À cet instant, il n'avait qu'une seule pensée : se déplacer pour s'assurer qu'il était encore en vie.

Les instants précédant l'accident
Al-Moussawi ne se souvient pas de beaucoup de détails des instants qui ont précédé l'attaque. Il se souvient seulement qu'il avait sauvé, quelques minutes avant d'être blessé, un groupe de jeunes hommes après leur avoir crié de s'éloigner de la zone à cause des bombardements intenses. Mais quelques minutes ont suffi pour que tout bascule. Il s'est retrouvé seul. Il a rampé sur plusieurs mètres, essayant d'approcher les passants pour leur demander de l'aide, mais il n'a trouvé personne d'autre que son appareil photo, qui l'a accompagné dans les moments les plus difficiles de son calvaire, pour immortaliser sa blessure et la brutalité de l'occupation.

Un témoignage poignant
Al-Moussawi raconte que Dieu lui a offert une seconde chance après sa blessure au pied, qui a nécessité son transfert à l'hôpital Al-Hayat où il est actuellement soigné. Le photographe, la quarantaine, explique : « C'est une sensation étrange. Soudain, le monde autour de moi a changé, l'endroit s'est rempli de poussière et je ne savais plus où j'étais. »
Al-Moussawi revit ces moments douloureux comme s'il rembobinait la cassette de sa vie, ajoutant : « Il me faudra des mois pour reprendre le travail, car ma blessure est délicate et très douloureuse. Mais je vois cela comme une nouvelle chance dans la vie. »

De témoin à journaliste de guerre
Voici comment le photographe est passé de témoin du bombardement à journaliste lui-même. Le journaliste ne nie pas le danger de son métier : « Mes fonctions journalistiques comportent de grands risques, mais j'ai couvert plusieurs guerres auparavant, notamment celles de 2004 et 2006, et je n'ai pas été blessé. »
Haitham Al-Moussawi est considéré comme l'un des photographes libanais les plus importants, fort d'une carrière riche et prestigieuse. Il a débuté sa carrière de photographe en 1996, collaborant avec plusieurs médias. Il dirige actuellement le service photographie du quotidien Al-Akhbar, en plus de son travail de photographe pour l'Agence France-Presse (AFP). Il a participé à de nombreuses expositions au Liban et à l'étranger et a reçu plusieurs prix.

Zakia Al-Dirani
Le 10 mars 2026

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