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| Tir de missile Tomahawk depuis le destroyer états-unien USS Thomas Hudner, le 1er mars.© US NAVY / AFP |
On a beau exécrer le régime dictatorial, obscurantiste et assassin au pouvoir à Téhéran et souhaiter à ce grand peuple de pouvoir s’en débarrasser au plus vite, comment ne pas avoir la nausée en entendant l’autocrate américain oser lancer aux Iraniens : « L’heure de votre liberté est à portée de main » au moment même où ses missiles détruisaient une école de filles, tuant plus de 100 enfants et en blessant plusieurs dizaines d’autres ! Le monde entier a vu, en Libye ou en Irak, à quoi peut conduire la prétention d’« exporter la démocratie au Moyen-Orient » à coups de bombes ! En Iran aussi, la guerre entraîne avant tout « morts, destructions et désolation humaine (car) ce sont les civils qui finissent par en payer le prix ultime » a, d’emblée, souligné Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Ils ont bonne mine, celles et ceux qui, telle la commissaire européenne à la Méditerranée, ont, il y a peu, honoré de leur présence l’indécent et grotesque lancement du « Conseil de la paix » du co-fauteur de guerre au Moyen-Orient !
Le général Trinquand, qui ne passe pas pour un gauchiste, avait expliqué sans détour, la veille du déclenchement de la guerre, que la seule tactique dont disposait Trump pour justifier sa décision, tant auprès de ses électeurs qu’auprès de ses alliés dans la région – tous profondément hostiles à cette dangereuse aventure –, était de mettre à profit la moindre provocation iranienne pour mettre en avant la nécessité de protéger Israël. Cette provocation tardant à se produire, Netanyahou l’a anticipée par ses « frappes préventives » sur le « guide suprême ». On connaît la suite… mais pas la fin ! Comme on pouvait malheureusement s’y attendre de la part d’un régime aux abois, désormais prêt à tout pour se venger, une pluie de missiles iraniens s’est abattue sur Israël et sur les bases américaines, nombreuses dans la région. Au moment où ces lignes sont écrites, nul ne sait jusqu’où va conduire cette folle aventure guerrière.
En ces heures graves, pourra-t-on compter sur le sang-froid, le courage politique et l’esprit de responsabilité des dirigeants et dirigeantes politiques européens ? Par les temps qui courent, rien n’est moins sûr. Puisse se manifester de la part des citoyennes et des citoyens l’exigence d’un arrêt de l’escalade avant qu’elle ne devienne totalement incontrôlable ! Ne laissons pas enterrer la seule boussole qui nous préserve du pire : le droit international incarné par la Charte des Nations unies.
Francis Wurtz
L'Humanité du 07 mars 2026

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