Les États-Unis ont envoyé un plan de cessez-le-feu en quinze points à l’Iran, révèlent le « New York Times » et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, où sont demandés le renoncement à l’arme atomique ou encore la réouverture du détroit d’Ormuz. En parallèle, Washington a donné son feu vert pour l’envoi d’environ 2 000 parachutistes au Moyen-Orient.
Tandis que le conflit déclenché par les États-Unis et Israël en Iran et au Liban est entré dans sa quatrième semaine, Washington estime pouvoir accélérer les négociations d’un cessez-le-feu. La Maison Blanche aurait ainsi, selon les informations du New York Times et de la chaîne de télévision israélienne Channel 12, envoyé un plan en quinze points à Téhéran, par l’entremise du Pakistan.
Si le document en question n’a pas pu être consulté, les deux médias en ont dévoilé, mardi 24 mars, les contours grâce à de multiples témoignages anonymes. Les négociateurs états-uniens demanderaient ainsi que l’Iran ne tente jamais de se doter de l’arme atomique, remette tout le combustible enrichi dont il dispose à une date fixée par les parties ou que plusieurs installations nucléaires soient démantelées.
Une autorisation pour les « navires non hostiles »
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, devra quant à lui rester ouvert à la circulation maritime. Au même moment, Téhéran a annoncé que les « navires non hostiles » pouvaient emprunter cette route maritime « à condition qu’ils ne participent pas à des actes d’agression contre l’Iran ni ne les soutiennent », selon un communiqué transmis à l’Organisation maritime internationale (OMI).
Les navires concernés devront se conformer « pleinement aux règles de sûreté et de sécurité en vigueur – bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes », est-il précisé dans le communiqué, envoyé dimanche par le ministère des Affaires étrangères iranien à l’OMI. Le plan en quinze points intime aussi à l’Iran d’abandonner son soutien à ses « proxys ».
Téhéran devrait ainsi s’engager à ne plus financer des groupes armés comme le Hezbollah (Liban) ou le Hamas (Gaza). Des limites seront enfin décidées sur la quantité de missiles dont l’Iran pourra disposer, ainsi que sur leur rayon d’action. En contrepartie, Téhéran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.
L’envoyé spécial du locataire de la Maison Blanche, Steve Witkoff et son gendre, Jared Kushner, sont partisans d’un cessez-le-feu d’un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes. Encore faut-il que Washington et Téhéran soient accordées.
« Ne déguisez pas votre défaite en accord »
Si Donald Trump a affirmé, depuis le bureau ovale, que son administration « discute avec les bons dirigeants, qui veulent tellement conclure un accord », Téhéran a nié toute conversation, directe comme indirecte. L’Associated Press rapporte de son côté que le lieutenant-colonel Ebrahim Zolfaghari, porte-parole militaire iranien, a estimé que la puissance stratégique des États-Unis s’était transformée en « échec stratégique », dans une vidéo diffusée mercredi 25 mars à la télévision.
« Ne déguisez pas votre défaite en accord. Votre ère de promesses vaines est révolue, aurait-il lancé. Vos conflits internes ont-ils atteint le point où vous négociez avec vous-mêmes ? » Symbole de sa stratégie à deux voies, la Maison Blanche a ordonné, au même moment, le déploiement d’environ 2 000 parachutistes au Moyen-Orient.
Les troupes proviendraient de la 82e division aéroportée de l’armée de terre et, plus particulièrement, de la « force de réaction immédiate », annonce le New York Times. Une brigade d’environ 3 000 soldats dont la spécialité est de pouvoir se déployer partout dans le monde en 18 heures.
Ces derniers pourraient être utilisés pour une annexion de l’île de Kharg, principal centre d’exportation de pétrole iranien dans le nord du golfe Persique. Ce mois-ci, Trump a ordonné le bombardement de plus de 90 cibles militaires, tout en affirmant avoir intentionnellement laissé intactes les infrastructures pétrolières. « Sa saisie pourrait donner à Washington un moyen de pression supplémentaire sur Téhéran », ont déclaré des responsables états-uniens de l’armée au Washington Post.
Si l’on ajoute à l’envoi de ces 2 000 parachutistes les 4 500 Marines déjà en route vers la région, le déploiement total des États-Unis à proximité de l’Iran atteint un total d’environ 50 000 soldats dépêchés à proximité de l’Iran. Drôle de manière de préparer la paix.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 25 mars 26

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