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| Un centre d’entretien automobile touché par un tir de missile dans l’est de Téhéran, en Iran, le 28 mars, un mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis.© Xinhua/ABACA |
Les bombardements et injonctions contradictoires se poursuivent au Moyen-Orient, alors que la guerre déclenchée illégalement par Israël et les États-Unis le 28 février entame sa cinquième semaine. Sur la même journée, dimanche 29 mars, le locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, s’est félicité de l’avancée des « pourparlers directs et indirects » avec l’Iran et a laissé entendre que les États-Unis réfléchissent à envahir l’île de Kharg.
S’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One à son retour à Washington après un week-end passé en Floride, l’ex-magnat de l’immobilier a affirmé que l’Iran avait accepté de laisser passer vingt cargos pétroliers supplémentaires par le détroit d’Ormuz, à partir de lundi. Un « hommage » et un « signe de respect », estime celui qui a lancé les hostilités.
L’invasion de l’île de Kharg en suspens
Le ton de Donald Trump était tout autre dans un entretien accordé au Financial Times, diffusé dans la même soirée. « Peut-être que nous prendrons l’île de Kharg, peut-être que non. Nous avons beaucoup d’options, a estimé l’élu d’extrême droite. Je ne pense pas qu’ils aient la moindre défense. Nous pourrions la prendre très facilement. » Pour rappel, ce territoire situé dans le nord du golfe Persique abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran et assure environ 90 % de ses exportations de brut.
Plusieurs centaines de membres des forces spéciales sont arrivés dans la région, en complément des milliers de Marines et de parachutistes de l’armée états-unienne déjà dépêchés sur place. Le Wall Street Journal annonce, de son côté, que le président républicain envisage une opération militaire pour récupérer près de 454 kg d’uranium iranien. Selon le quotidien, cette mission impliquerait la présence de forces états-uniennes sur le territoire iranien pendant – a minima – plusieurs jours.
Les bombardements s’enchaînent à travers la région
Sur le territoire iranien, les missiles continuent de pleuvoir. Téhéran a de nouveau subi, dimanche 29 mars, une attaque de grande ampleur coordonnée entre Tel-Aviv et Washington. Le siège de la chaîne Al Araby TV, propriété d’une société qatarie, a été bombardé, causant dix blessés. De même pour le port de Bandar Khamir dans le sud de l’Iran, proche du détroit d’Ormuz. Une attaque qui a fait au moins cinq morts, ont rapporté les médias d’État iraniens.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies (ONU), a quant à lui confirmé que le complexe d’eau lourde de Khondab (province de Markazi) est désormais hors service, après avoir été gravement endommagé vendredi dernier. L’Iran a répliqué, dimanche, avec une série de missiles balistiques lancés sur les alliés de la Maison Blanche.
Si aucun blessé n’a été signalé, des fragments de missiles ont provoqué un incendie dans une zone industrielle dans le sud d’Israël. L’Arabie saoudite a de son côté annoncé avoir intercepté dix drones.
Au Liban, la mort d’un casque bleu et des hommages aux journalistes assassinés
Au Liban, la mort d’un casque bleu de la Force intérimaire des Nations unies locale, la Finul, se précise. L’Indonésie a annoncé, lundi 30 mars, que le soldat tué était l’un de leur ressortissant. Ce dernier a été victime de tirs d’artillerie « indirects, à proximité de la position du contingent indonésien de la Finul, près d’Adchit Al Qusayr, le 29 mars 2026 », a confirmé le ministère des Affaires étrangères. Jakarta « exprime ses plus sincères condoléances ». L’origine des projectiles n’a pas été déterminée.
Des centaines de civils se sont en outre rassemblés, dimanche à Beyrouth, pour rendre hommage aux trois journalistes libanais assassinés par l’armée israélienne ce week-end. De son côté, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, poursuit son projet colonial. Le chef de gouvernement a ordonné aux forces d’occupation d’étendre leur contrôle territorial au sud du Liban.
Tel-Aviv assume ainsi être « déterminée à modifier fondamentalement la situation » à la frontière – comprendre élargir la zone occupée. Le président du Liban, Joseph Aoun, continue de dénoncer l’agression d’Israël, comme « l’escalade dangereuse et (la) violation de la souveraineté libanaise » que représente la destruction de ponts. Un ambulancier a aussi été tué dans des bombardements à Bint Jbeil, dans le sud du Liban, a confirmé l’Organisation mondiale de la santé (OMS), portant à 52 le nombre de professionnels de santé libanais tués en moins d’un mois.
Une seconde école bombardée par les États-Unis en Iran
Tandis que les combats se poursuivent, les potentiels crimes de guerre commis au Moyen-Orient continuent d’être documentés. Le New York Times révèle ainsi, dans une enquête publiée dimanche, qu’un missile balistique états-unien non testé en conditions réelles a été utilisé dès le lancement de la guerre. Pire, cette arme a touché un gymnase et une école primaire adjacente, près d’une installation militaire dans le sud de l’Iran. Un complexe du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) se trouve à proximité du site.
Le bombardement, comme d’autres menés au même moment dans la ville voisine, Lamerd, a causé au moins 21 morts. Cette attaque meurtrière aurait donc eu lieu le même jour que le bombardement de l’école pour filles à Minab, située à plusieurs centaines de kilomètres, avec un missile de croisière Tomahawk. Dans le cas de Lamerd, les journalistes du New York Times et des experts en munitions ont « constaté que les caractéristiques de l’arme, les explosions et les dégâts correspondent à un missile balistique à courte portée appelé missile de frappe de précision, ou PrSM, conçu pour exploser juste au-dessus de sa cible et projeter de petites billes de tungstène ».
Avec les agences de presse du 30 mars 26

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