À Toulouse, le Festival Ciné-Palestine fait son cinéma

 

       Lors de ce festival, le film « UNRWA, 75 ans d’une histoire provisoire » sera programmé.© Akka Films
Pour sa 12e édition, l’Irak est à l’honneur. Mais ce sera également l’occasion de constater que le 7e art est aussi un moyen pour les Palestiniens de résister à l’occupation en montrant les souffrances et les rêves.
« Dans notre monde où les images façonnent nos perceptions, le cinéma fait par des Palestiniens s’impose comme un acte de résistance et de création. » Et pour montrer ces films, il faut bien souvent des festivals dédiés. C’est le cas de Ciné-Palestine Toulouse, dont le programme – la phrase citée est extraite de sa présentation – entend tout à la fois présenter ces récits intimes ou historiques, tout en favorisant le débat. « Du drame poignant Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis, sélectionné au festival de Sundance, aux courts-métrages expérimentaux, en passant par des documentaires essentiels comme Pour l’honneur de Gaza ou UNRWA. 75 ans d’une histoire provisoire, chaque œuvre est une fenêtre ouverte sur la complexité et la vitalité de la Palestine. »

Un hommage à Mohammad Bakri
La résistance palestinienne, l’universel droit à l’autodétermination d’un peuple, est aussi ancrée dans le monde arabe, comme on pourra le voir sur les écrans de Ciné-Palestine. L’Irak est l’invité d’honneur de cette édition. Un pays qui a contribué au cinéma palestinien dès les années 80, avec notamment Kacem Hawel. Celui-ci a été le premier réalisateur à faire l’adaptation d’un roman écrit par un auteur palestinien (et non des moindres), Ghassan Kanafani et son « Retour à Haïfa » (1978). Un écrivain engagé trop méconnu en France, ancien porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), assassiné en 1972 par les Israéliens. Ghanafani a su dire l’exil, la nostalgie et le combat. C’est de lui dont parlait un autre grand artiste, Mohammad Bakri, acteur et réalisateur disparu en décembre 2025, à qui le festival rendra un hommage. Bakri avait réalisé, en 2002, le documentaire Jenin, Jenin sur le camp de réfugiés palestinien de Jénine, assiégé et envahi par l’armée israélienne qui y avait commis un massacre.
Avec sa 12e édition, ce Festival Ciné-Palestine entend faire rayonner la Palestine en Occitanie, de Toulouse à Gaza, Bethléem, Jaffa, Tulkarem, Haïfa, de Figeac ou d’Albi à Jérusalem. Les documentaires se mélangeront à la fiction et l’on verra que les deux ne sont pas si éloignés tant le drame réel surpasse la pire des imaginations alors que le rêve se vit comme un baume qui envahit toutes les perceptions.

Pierre Barbancey
L'Humanité du 10 mars 26

Du 9 au 17 mars. Tout le programme sur http://cine-palestine-toulouse.fr/

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