12 morts dans un centre médical à Bourj Qalawiyeh : au Sud Liban, Israël a commis un nouveau crime de guerre

 

« La frappe a eu lieu vers 21 heures. La terre a vibré comme s’il y avait eu un tremblement de terre. Sur les 25 membres de ce centre, 12 sont morts ici vendredi dernier », détaille Ali, un jeune infirmier, se trouvait à côté d’une ambulance garée à quelques dizaines de mètres de là.© Sylvain Mercadier
Cette attaque survenue vendredi 13 mars a entièrement détruit l’immeuble abritant le centre médical de l’Autorité islamique de santé, une organisation de protection civile qui gère plusieurs centres médicaux à travers le Liban. Le bilan est de 12 morts au sein du personnel de santé.
Ce dimanche, le Hezbollah a organisé une visite groupée pour les médias au centre médical visé deux jours plus tôt par une puissante frappe israélienne. À l’arrivée du convoi de presse sur place, deux puissantes détonations retentissent non loin de là. « C’est sûrement une manière pour les Israéliens d’accueillir la presse », ironise un des secouristes venus accueillir les journalistes. Le reste de la visite se fait au son des avions de chasse israéliens qui survolent le Liban au quotidien et du vrombissement des drones militaires.
Face à nous se dresse la carcasse encore fumante du centre médical. Le bâtiment de plusieurs étages semble vaciller sur ses appuis alors que ses cloisons ont toutes volé en éclats. Au cœur de la structure, la trajectoire de la bombe est visible : un trou béant traverse les étages de haut en bas.
Les secouristes épargnés par l’attaque décrivent le chaos qui s’ensuivit. Une douzaine de leurs collègues sont morts, certains rendus méconnaissables par l’explosion dans une boule de feu et de gravats. Les maisons environnantes n’ont pas été épargnées non plus par le souffle de l’explosion.

« Comme un tremblement de terre »
Ali, un jeune infirmier, se trouvait à côté d’une ambulance garée à quelques dizaines de mètres de là. « La frappe a eu lieu vers 21 heures. La terre a vibré comme s’il y avait eu un tremblement de terre. Ceux qui le pouvaient sont accourus et nous avons commencé à fouiller les décombres. Sur les 25 membres de ce centre, 12 sont morts ici vendredi dernier », détaille-t-il, encore visiblement sous le choc du drame qui a frappé son unité médicale. Depuis le 2 mars, près de 900 Libanais ont été tués.
Le sol alentour est jonché de matériel médical calciné. Sur le parking détruit derrière le centre, plusieurs véhicules ont également été détruits dont des ambulances. Si Israël accuse l’organisation médicale de collaborer avec le Hezbollah sans apporter de preuves, l’écrasante majorité de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme ont rappelé que le ciblage des infrastructures hospitalières et médicales constitue un crime de guerre.

Sylvain Mercadier
L'Humanité du 16 mars 2026

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