L'événement le plus marquant de la semaine est la visite aux États-Unis du commandant de l'armée libanaise, le général Rudolph Haykal. Il doit y rencontrer plusieurs responsables militaires américains et des membres des commissions du Congrès chargées des affaires libanaises et du soutien à l'armée, en plus de réunions protocolaires organisées par l'ambassade du Liban à Washington.
Sur le chemin du retour, le général Haykal devrait se rendre en France pour discuter des résultats de sa visite américaine et de leurs implications pour les questions d'intérêt parisien, notamment les préparatifs de la conférence de soutien à l'armée prévue début mars. Une source militaire de haut rang a indiqué à Al-Akhbar que le général Haykal, conscient des raisons du refus des Américains de le recevoir lors de sa précédente visite, a décidé de rédiger un rapport complet comprenant :
Premièrement : une évaluation pratique et professionnelle du rôle de l'armée dans la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu de 2024, avec des détails précis sur ses opérations au sud du fleuve Litani. Le rapport comprend des cartes, des photographies et des informations détaillées sur toutes les opérations menées par l'armée, ainsi qu'un aperçu des obstacles rencontrés, notamment ceux imposés par les forces d'occupation israéliennes. Parmi ces obstacles figuraient l'impossibilité pour l'armée d'accéder aux points de passage frontaliers, les raids et opérations militaires menés qui ont entravé sa mission, et l'occupation continue de plusieurs points stratégiques l'empêchant de contrôler pleinement la zone.
Deuxièmement, le commandant de l'armée n'abordera pas la question de la coopération avec le Hezbollah, mais soulignera les points qu'il juge essentiels pour démontrer l'engagement du Liban à respecter toutes les exigences de la première phase, en particulier après son approbation par le gouvernement. Il évoquera également la situation des civils dans le sud du pays, en soulignant les risques liés au fait d'empêcher les habitants de regagner leurs foyers et d'entraver le processus de reconstruction.
Troisièmement, le commandant de l'armée parlera en toute franchise des phases à venir, insistant sur le fait que l'armée n'a aucune intention de s'engager dans une confrontation avec quelque parti libanais que ce soit pour mettre en œuvre une décision qui pourrait ne pas faire l'unanimité. Il mettra en garde contre les dangers d'impliquer l'armée dans des conflits avec les populations de vastes zones, insistant sur la nécessité pour les Américains et les autres acteurs de comprendre cette situation particulière. Il soulignera que seul le gouvernement libanais est capable de mettre en place un mécanisme lui permettant d'étendre pleinement son autorité sans entrer en conflit avec aucune partie. Quatrièmement, le commandant de l'armée présentera un rapport détaillé sur l'état de l'institution militaire, notamment son équipement, son personnel et les besoins financiers nécessaires à la poursuite de ses diverses missions, car elle assume actuellement des tâches relevant principalement des Forces de sécurité intérieure. Il expliquera que décharger l'armée de ces tâches, lui fournir de meilleures capacités et augmenter les salaires de son personnel contribueraient à renforcer sa présence à plusieurs niveaux.
Haikal sollicitera également le soutien américain à la conférence de Paris consacrée au soutien de l'armée et des forces de sécurité. Pendant ce temps, l'ennemi israélien poursuivait ses raids et ses opérations d'assassinat dans diverses régions du sud du Liban. L'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, informait les cercles concernés au Palais présidentiel des dates proposées pour une réunion du Comité du « Mécanisme », l'administration américaine ayant décidé de le désigner comme représentant exclusif lors de ces réunions. L'absence de certains militaires américains s'explique par leur engagement dans les opérations de mobilisation en cours dans la région.
La première réunion du Comité se tiendra comme prévu le 25 de ce mois. Le représentant du Liban, l'ancien ambassadeur Simon Karam, y participera et remettra un document de travail aux présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam avant de le présenter à la réunion. Par ailleurs, le Hezbollah a publié hier un communiqué condamnant les propos tenus par M. Karam à des journalistes lors de rencontres non annoncées, au cours desquelles il a attaqué le Hezbollah et justifié indirectement les attaques israéliennes.
(Correspondance locale - Beyrouth, le 02 février 2026)
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