Lors des grands événements historiques, lorsque le langage diplomatique se muette, incapable de transmettre la vérité, des voix s'élèvent de sources inattendues pour briser le silence du monde. Des paillettes d'Hollywood aux tapis rouges des festivals de cinéma, Penelope Cruz ose dire la vérité aux puissants, transformant sa renommée artistique en une tribune morale qui cherche à éveiller la conscience de l'humanité. Cette star internationale n'a pas seulement été une icône de beauté et d'art, mais a aussi choisi d'être témoin de son époque, critique de son déclin moral et porte-parole de ceux que les massacres en Palestine occupée ont réduits au silence.
L'art n'est pas un luxe. La position de Cruz incarne ce changement fondamental dans le concept d'art moderne : d'un luxe esthétique à une prise de position sur la vie et l'existence. Pour elle, enracinée dans la tradition révolutionnaire espagnole, le véritable artiste n'est pas un simple embellisseur de la vie, mais un acteur de sa construction sociétale. Lorsqu'elle a signé, avec son mari Javier Bardem et le réalisateur Pedro Almodóvar, avec qui elle formait un duo quasi-stellaire, le message courageux affirmant que ce qui se passait à Gaza était un génocide, elle ne s'engageait pas en politique, mais pratiquait l'essence même de l'art : voir la vérité et la dire sans équivoque.
Elle a transformé les réseaux sociaux, suivis par des millions de personnes, en fenêtres ouvertes sur l'enfer, diffusant les cris des affamés, les détails de la famine orchestrée et les voix des enfants piégés sous les décombres. Cette position inébranlable lui a valu, depuis 2014, des attaques systématiques de la part de divers lobbies sionistes, simplement parce qu'elle refuse que l'art ne soit qu'un simple ornement dans le « palais du génocide ».
Une vague mondiale de conscience
Cruz n'était pas une voix isolée dans un désert de silence, mais bien une voix s'inscrivant dans un phénomène mondial croissant, où de nombreuses personnalités internationales se font les gardiennes de la conscience humaine. Sa voix s'est jointe à un orchestre international d'artistes qui ont refusé d'être les marionnettes du cirque médiatique mondial alors que le sang coulait. À l'instar du groupe Arkite Fire et de sa courageuse chanteuse qui se sont levés pour transmettre des messages de solidarité à travers leurs chansons, et à l'instar des stars d'Hollywood et de Bollywood qui ont dénoncé les massacres, Cruz est apparue comme le visage européen de cette prise de conscience. Tous pratiquent une nouvelle forme de résistance : une résistance par la solidarité, par les mots, par les images, et en transformant les plateformes de la célébrité en arènes de vérité. Ils nous rappellent que l'art n'a pas été créé pour apaiser la douleur, mais plutôt pour la provoquer lorsque la douleur est la seule vérité qui subsiste.
Courage espagnol : Ce qui frappe dans le phénomène Cruz, c'est qu'il ne s'agissait pas d'un cri isolé dans le désert de la politique internationale, mais bien d'un moment historique unique pour l'Espagne. À l'heure où l'Europe hésite entre positions ambiguës et rhétorique hypocrite, l'Espagne s'est courageusement avancée pour devenir la seule voix de la conscience européenne. L’Espagne est le seul grand pays européen à avoir osé qualifier le crime commis à Gaza de « génocide ». Puis, elle a traduit ses paroles en actes concrets : elle a suspendu ses exportations d’armes vers Israël, appelé à des sanctions européennes, présenté un ensemble de mesures d’urgence et atteint le summum de la résistance morale en se joignant officiellement à la cause de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice.
Cette position gouvernementale courageuse, soutenue par une large solidarité publique, explique le terreau fertile dans lequel s’épanouissent des voix comme celle de Cruz. Il s’agit d’un dialogue créatif entre la conscience de l’artiste et la volonté de l’État à ce moment historique, entre la vision de l’artiste et le courage de l’homme politique. L’Espagne, dont l’histoire est marquée par la dictature et la lutte pour la dignité, comprend que le silence face au crime est une forme de complicité et que l’art audacieux et la politique courageuse sont les deux faces d’une même pièce de conscience.
L’importance de ces voix aujourd’hui
Alors que nous traversons une période de déclin des valeurs humaines et d’effondrement du discours politique traditionnel, le besoin de ces voix se fait plus pressant que jamais. Les chiffres confirmés par les organisations internationales sont presque inimaginables : plus de 69 000 martyrs, dont plus de 19 000 enfants, victimes d’une campagne qualifiée de « génocide » par la Commission d’enquête de l’ONU en septembre 2025. Une réalité effroyable où 2,5 millions de personnes ont souffert de la famine, et où des centaines sont mortes des suites de cette famine. Un tableau apocalyptique où 78 % des bâtiments et 97 % des écoles ont été détruits, dans une destruction systématique de la vie et de l’avenir perpétrée par les autorités d’occupation israéliennes sous les yeux du monde entier.
Dans ces ténèbres profondes, la voix de Cruz résonne comme une lueur d’espoir dans un long tunnel. Il nous rappelle que les chiffres ne sont pas que des chiffres ; ce sont des histoires, des rêves et des corps ensevelis sous les décombres. Il pose une question cruciale : si l’art ne s’exprime pas maintenant, quand le fera-t-il ? Et si les artistes ne font pas entendre leur voix ici, où le feront-ils ?
L’art est une arme de transformation.
Nous voici au cœur du phénomène que représente Cruz. Sa position n'est pas une simple sympathie passagère, mais bien la prise de conscience de la fonction historique majeure de l'art. Le véritable art, tel que l'humanité l'a connu à travers ses civilisations, n'était pas un luxe, mais une nécessité existentielle pour des raisons fondamentales. L'art est la mémoire vivante de l'humanité. Des peintures rupestres témoignant de la vie des hommes préhistoriques aux images de Gaza aujourd'hui, qui documentent le génocide sous nos yeux, l'art est resté l'archive la plus authentique, préservant la vérité de l'oubli et de la falsification. En publiant ces images et ces avertissements, Cruz se fait gardienne de la mémoire collective.
L'art est une source d'espoir dans les ténèbres du désespoir. Même au milieu des décombres, des enfants palestiniens dessinent sur les murs démolis, comme s'ils plantaient des roses dans les canons. Cette beauté résistante donne à l'humanité la force de persévérer quand tous les fondements de la vie s'effondrent.
L'art est la plus puissante arme du changement. Aux moments charnières de l'histoire, de la Révolution française à la résistance contre les dictatures, la chanson, la poésie et la peinture ont été la « vérité vivante » qui embrase les révolutions et éveille les consciences endormies. L'art parle non seulement à l'esprit, mais aussi au cœur et à l'âme, faisant de ceux qui le contemplent des acteurs de leur destin. Cruz, en ce sens, est l'héritière de cette noble tradition. Elle nous rappelle que l'artiste porte un message humaniste, et que sans lui, il n'est qu'un bouffon ; son message ne prend tout son sens que lorsqu'il descend de sa tour d'ivoire pour témoigner de son époque.La leçon espagnole et la conscience mondiale
En conclusion, Penelope Cruz et l'Espagne nous offrent ensemble une double leçon d'éthique et de politique. Cruz découvre le véritable sens de la célébrité : non pas l'accumulation de prix et de spectacles à plusieurs millions de dollars, mais la transformation de la scène en un espace de vérité et l'utilisation de son influence mondiale pour sauver des vies perdues chaque jour.
Et l'Espagne découvre le sens du leadership moral en politique internationale : non pas le suivi aveugle d'un faux consensus, mais le courage de rompre le silence et de se ranger du bon côté de l'histoire, même au prix d'un isolement temporaire au sein de l'Union européenne. Il est à espérer que cette position espagnole demeure ferme et inébranlable, et qu'elle inspire d'autres nations au sein du système mondial, dont les voix se font de plus en plus lassées de l'hégémonie américaine qui soutient l'occupation et de l'ambition de Donald Trump de « diriger » le monde entier, comme nous l'avons constaté lors du discours du Premier ministre canadien Mark Carney au Forum de Davos.
Ensemble, ils créent un modèle unique : celui où la conscience de l'artiste rencontre la volonté de sa nation, où la renommée artistique se mue en responsabilité morale et la souveraineté nationale en engagement humanitaire. Dans ce modèle, une lueur d'espoir subsiste : tant qu'il y aura des artistes qui refusent le silence, des nations qui refusent la complicité et un art qui se considère « essentiel à l'existence humaine », alors la conscience du monde, malgré toutes les destructions, n'est pas encore éteinte.
Les prises de position de personnalités internationales, comme Cruz, sont une source d'inspiration et un appel à l'action pour tous ceux qui disposent d'une tribune ou d'une influence : regardez cette femme qui élève la voix depuis les sommets de la célébrité mondiale, et cette nation qui fait entendre sa voix sur la scène politique internationale. Dans leurs voix unies, nous trouvons la réponse à une question cruciale : que dirons-nous aux générations futures lorsqu'elles nous demanderont : « Où étiez-vous pendant leur extermination ? »
Les prises de position de personnalités internationales comme Cruz sont une source d'inspiration et un appel à l'action pour tous ceux qui disposent d'une tribune ou d'une influence : regardez cette femme qui élève la voix depuis les sommets de la célébrité mondiale, et cette nation qui fait entendre sa voix sur la scène politique internationale. Dans leurs voix unies, nous trouvons la réponse à une question cruciale : que dirons-nous aux générations futures lorsqu'elles nous demanderont : « Où étiez-vous pendant leur extermination ?» Une fois de plus, il est du devoir des médias arabes soucieux d'humanisme et engagés à se ranger du côté des victimes, et non des bourreaux, de mettre en lumière ces positions. Il est également du devoir des institutions arabes compétentes de soutenir Cruz et ses pairs, au lieu de laisser ce champ d'action se perdre dans un « art » superficiel et mercantile. Si la position de Cruz et d'autres personnalités internationales n'avait pas d'influence et d'importance, les lobbies sionistes ne se seraient pas déchaînés avec une telle frénésie, et n'auraient pas dépensé des millions pour tenter de faire taire ces voix et de dissimuler la vérité au monde. Tant qu'il y aura des artistes qui refusent de se taire, des nations qui refusent la complicité, et un art qui se considère « essentiel à l'existence humaine elle-même », alors la conscience du monde, malgré toute la destruction, ne sera pas encore morte.
Zahi Wehbe
Le 26 février 2026
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