L’Indien rouge — ou plus précisément Discours de l’Indien rouge — est un texte en prose écrit par le poète palestinien Mahmoud Darwich.
Dans ce texte, Darwich se glisse dans la voix d’un chef amérindien s’adressant aux sénateurs américains, pour évoquer la dépossession de son peuple et le lien sacré à la terre, en écho à l’histoire palestinienne. C’est une œuvre à la fois politique et poétique, qui mêle mémoire, identité et défense de l’harmonie entre l’humain et la nature.
O, maître des Blancs
Où emportes-tu mon peuple et le tien ?
Vers quel gouffre ce robot hérissé d'avions et de porte-avions
entraîne-t-il la terre ?
Vers quel gouffre béant marchez-vous ?
Tout vous appartient !
La nouvelle Rome
La Sparte de la technologie et l'idéologie de la folie
Et nous, nous finirons un temps par lequel nous n'avons pas encore
apprêté notre obsession
Nous nous en irons vers la patrie de l'oiseau
Volée d'humains avant-coureurs
Des gravats de notre terre, nous verrons notre terre
Des trouées dans les nuages, nous verrons notre terre
De la parole des étoiles, nous verrons notre terre
Et de l'air des lacs, du duvet du maïs fragile,
De la fleur des tombes, des feuilles du peuplier
De tout ce qui vous encercle, ô Blancs,
morts qui trépassent, morts vivants
morts qui ressuscitent, morts qui divulguent le secret
Laissez un sursis à la terre
qu'elle dise la vérité , toute la vérité
de nous, de vous
de vous, de nous.
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