Nouvelle flottille pour Gaza : « Nous espérons faire naviguer 150 bateaux pour forcer le blocus »

 

À l’initiative d’une nouvelle coalition nationale autour des flottilles de la liberté, Claude Léostic, membre de l’Association France Palestine Solidarité et cofondatrice, en 2010, de la délégation française de la Freedom Flotilla Coalition (FFC), appelle à une mobilisation unitaire de soutien au peuple palestinien.
Face au blocus imposé depuis 18 ans aux Palestiniens vivant à Gaza et au génocide en cours, une vingtaine d’associations, syndicats et collectifs lancent la campagne française Flottille Liberté pour Gaza. Claude Léostic, membre de l’Association France Palestine Solidarité et cofondatrice, en 2010, de la délégation française de la Freedom Flotilla Coalition (FFC), insiste sur l’urgence de créer, en France, un large mouvement citoyen unitaire de soutien au peuple palestinien.

Quel objectif réunit les membres de cette nouvelle coalition ?
Toutes les composantes de la campagne française que nous lançons ont, à un moment ou un autre, milité pour les droits des Palestiniens, mais de manière séparée et sans coordination. Or, en 2010-2011, nous avions mené une campagne nationale, avec, en grande partie, les mêmes structures, qui avait été un véritable succès. Depuis plus de deux ans qu’un génocide est infligé à Gaza et que la violence coloniale s’amplifie en Cisjordanie, nous avons pensé qu’il fallait tenter de réactiver ce mouvement national.
Nous avons contacté des syndicats, des organisations de solidarité, des collectifs nationaux, et ça a pris immédiatement car nos concitoyens sont ulcérés par ce qui se passe. Jusqu’ici, la mobilisation en France était, à cause de notre manque d’unité, dramatiquement restreinte, comparée aux manifestations monstres qu’on a pu voir à Londres, Rome ou Barcelone. Cela va changer, tout en nous inscrivant dans une dynamique internationale coordonnant les actions de la FFC avec d’autres structures mondiales comme la Global Sumud Flotilla (GSF) et les Thousand Madleens (TMTG).

Ces flottilles partiront au printemps. Leur objectif est-il purement humanitaire ?
Nous amènerons du matériel, mais notre message est éminemment politique. Ces flottilles sont une réponse à l’inaction de nos gouvernants. La France n’a pas ouvert d’ambassade à Jérusalem-Est, même pas à Ramallah, après la reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron. Nous espérons faire naviguer 150 bateaux pour forcer le blocus à Gaza. Les Palestiniens nous le disent : « Si vous arrivez à Gaza, ce sera une victoire politique et morale. » Face au nombre de navires envoyés, la marine israélienne n’arrivera vraisemblablement pas à tous nous arrêter.

Que répondre à ceux qui évoquent le cessez-le-feu mis en place par Trump, cet automne, et pensent que l’action humanitaire a pu reprendre avec la réouverture du point de passage de Rafah ?
C’est un leurre. Tous les jours, des gens meurent. Il y a des bombardements, une occupation du territoire sur plus de 50 %, et des zones de massacre. L’aide humanitaire n’entre qu’au compte-goutte et énormément de matériel médical reste inaccessible. 20 000 malades ou blessés devraient être évacués en urgence, mais par Rafah, il ne passe que 50 personnes par jour. Les Palestiniens continuent de mourir de faim, de froid et de maladies non soignées.

Y a-t-il encore un espoir d’imposer le respect du droit international à l’État israélien ?
Certains experts disent que le pronostic vital des Nations Unies est engagé. Trump, avec son prétendu « Conseil de la paix », a la volonté très claire de remplacer l’ONU par un conglomérat de pays antidémocratique sous sa direction. La demande du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de démission de la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, s’inscrit dans le même mouvement.
C’est une capitulation dramatique, en plus d’être un véritable scandale politique et diplomatique. Nous sommes entrés dans une période extrêmement sombre avec la progression de toute part des extrêmes droites. Il faut absolument tenir bon face au surgissement de cette peste brune.

Que peuvent faire ceux et celles qui souhaitent rejoindre la Campagne française Flottille Liberté pour Gaza ?
Nous lançons une levée de fonds pour pouvoir acheter des bateaux. Bientôt, nous mobiliserons ceux qui souhaitent embarquer. La navigation ne sera pas une partie de plaisir. Nous serons confrontés à une marine de guerre extrêmement hostile qui tentera d’intercepter et de voler nos bateaux. Notre protection dépendra du succès de la mobilisation. Avec l’ensemble des navires de la FFC, de la GSF et des TMTG, ce printemps, nous forcerons le blocus.

Émilien Urbach
L'Humanité du 20 février 26

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