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| Fidel Castro et ses compagnons venus de Santiago de Cuba entreront triomphalement à La Havane le 8 janvier 1959 ! |
La révolution cubaine a marqué une rupture avec ce modèle d’accumulation dépendante, car elle n’a pas seulement modifié le pouvoir politique, mais a aussi bouleversé la structure même de l’économie en expropriant de vastes domaines, en coupant les liens relatifs avec le marché américain et en réorientant la plus-value vers la satisfaction des besoins sociaux internes. Dès lors, Cuba est devenue un « cas anormal » dans la logique impérialiste, non pas en raison de sa taille ou de sa puissance, mais en raison de son importance en matière de classe et de souveraineté.
Dans ce contexte, le blocus économique remplit une double fonction : d’une part, il constitue un outil direct d’épuisement des ressources et d’entrave à la reproduction sociale ; d’autre part, il s’agit d’un mécanisme de dissuasion dirigé contre les autres acteurs du système mondial, sous-entendant que toute rupture des relations de dépendance sera sanctionnée à long terme. Ainsi, la révolution cubaine est prise pour cible comme une expérience visant, dans son contexte historique, à briser la logique du marché capitaliste mondialisé.
Les prétextes récurrents employés par les États-Unis – de la « menace communiste » à la « démocratie », en passant par les « droits de l’homme » et la « sécurité nationale » – révèlent la nature purement idéologique de ce discours. Ce ne sont que différentes formes de déni de la réalité, utilisées pour masquer la véritable nature du conflit : un conflit entre un centre impérialiste cherchant à imposer les conditions de l’accumulation capitaliste et une entité autrefois dépendante qui tente de défendre sa souveraineté économique et politique.
Les sanctions secondaires imposées aux pays et aux entreprises qui commercent avec Cuba représentent une expression extrême de la violence impérialiste à son stade ultime. L'impérialisme ne se contente plus d'assujettir ses périphéries directement dépendantes ; il cherche à contrôler l'intégralité des relations économiques internationales, utilisant sa domination sur le système financier mondial pour transformer le commerce, l'énergie et la monnaie en instruments de coercition politique. Il apparaît alors clairement que le prétendu « ordre international fondé sur des règles » n'est rien d'autre qu'un système bâti sur le déséquilibre des pouvoirs de classe entre le centre et la périphérie.
Néanmoins, le maintien par Cuba d'un minimum d'indépendance politique et sociale, malgré le blocus, la famine et les pressions, révèle les limites mêmes du pouvoir impérialiste. L'impérialisme est capable d'appauvrir, mais incapable de se légitimer ; capable de détruire, mais incapable de créer un modèle social alternatif acceptable pour le peuple. Ainsi, le blocus se transforme d'instrument de domination en témoignage d'une impasse structurelle au sein du système capitaliste mondial.
En définitive, le blocus imposé à Cuba n'est pas simplement une politique hostile, mais une pratique systématique de lutte des classes visant à replonger un petit pays dans un cycle de dépendance. Cependant, l’échec de cet objectif jusqu’à présent confirme une vérité fondamentale : l’impérialisme, aussi capable de violence soit-il, ne peut effacer l’idée de révolution lorsqu’elle se transforme en conscience sociale et en pratique historique.
Dr Tannous Shalhoub
Assawra du 31 janvier 2026
Article originale en arabe : https://assawra.blogspot.com/2026/01/blog-post_0.html

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