Le ministre Mu'ayyad Sha'ban, chef de la Commission contre le Mur et les Colonies, a annoncé que les autorités d'occupation israéliennes avaient émis mardi 17 février 26 un ordre de saisie de 2 000 dounoms de terres appartenant aux villes de Sebastia et Burqa, au nord-ouest de Naplouse, visant le site archéologique de la région.
Dans une déclaration, M. Sha'ban a expliqué que cet ordre faisait suite à la précédente déclaration d'intention de confiscation, émise sous le numéro (2/25) du 18 janvier 2025, qui, à l'époque, se contentait d'annoncer l'intention sans fournir de détails précis sur les zones ou les plans.
M. Sha'ban a souligné que l'émission de cet ordre d'expropriation officiel révélait l'utilisation sélective des outils juridiques pour atteindre les objectifs de colonisation. Il a souligné que le concept d'expropriation en droit international exige l'attribution de terres d'utilité publique, au bénéfice de la population de manière égale et sans discrimination. Or, dans les faits, cette procédure est utilisée pour consolider le contrôle des colons sur les terres, transformant ainsi un outil juridique censé servir l'intérêt public en un moyen d'annexion déguisée sous couvert administratif. Il a expliqué que le passage d'une déclaration d'intention de s'emparer des terres à la délivrance d'un arrêté d'expropriation formel, précisant la superficie exacte, révèle l'étendue réelle des terres visées, qui atteignent désormais 2 000 dounoms. Il a ajouté que le ciblage ne se limite pas aux limites du site archéologique, mais s'étend aux terres agricoles et aux zones environnantes des villes de Sebastia et de Burqa, aggravant ainsi la gravité de la mesure.
Shaaban a souligné que l'occupation instrumentalise le dossier des antiquités pour contrôler le territoire, dans le cadre de politiques visant à imposer une annexion de facto en Cisjordanie. Ces politiques s'appuient sur des outils juridiques et administratifs qui, sous couvert de réglementation ou de protection du patrimoine, servent en réalité à réorganiser le contrôle des terres palestiniennes.
Il a appelé à une action en justice urgente pour contrer l'ordre d'expropriation, ainsi qu'à des efforts diplomatiques et de défense des droits humains pour dénoncer l'utilisation du patrimoine culturel comme instrument d'extension du contrôle foncier. Il a insisté sur le fait que la protection des sites archéologiques demeure une composante essentielle de la protection du territoire et de l'identité nationale.
(Correspondance locale - Naplouse, le 18 février 26)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire