Après avoir envoyé, cet automne, une cinquantaine de bateaux et plus de 400 militants venus de plus de 40 pays, au large des côtes gazaouies pour briser le blocus israélien imposé aux habitants de la bande de Gaza, la coalition internationale Global Sumud Flotilla prévoit une nouvelle action de grande envergure pour le 29 mars 2026.
« En tant que collectif mondial, nous pouvons isoler l’apartheid israélien, le faire s’effondrer et le mettre à genoux, comme nous l’avons fait avec l’apartheid sud-africain », a affirmé Nkosi Zwelivelile, alias « Mandla » Mandela, petit-fils de Nelson Mandela, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 5 février à Johannesburg, en Afrique du Sud par la Global Sumud Flottilla (GSF). Son comité de direction était réuni, dans les locaux de la Fondation Nelson Mandela, pour annoncer le lancement de « la plus grande intervention civile coordonnée jamais entreprise en faveur de la Palestine. »
Après avoir envoyé, cet automne, une cinquantaine de bateaux et plus de 400 militants venus de plus de 40 pays, au large des côtes gazaouies pour briser le blocus israélien imposé aux habitants de la bande de Gaza, la coalition internationale prévoit une nouvelle action de grande envergure pour le 29 mars 2026. Face à ce que les organisateurs décrivent comme un « échec catastrophique des gouvernements » et des instances mondiales pour stopper le « génocide en cours », la société civile décide, à nouveau, de passer à l’offensive.
La mission se déclinera en une « flottille maritime unifiée » doublée d’un « convoi humanitaire terrestre de masse ». L’objectif, cette fois, est de mobiliser trois fois plus de bateaux et de militants que cet automne. Plus de 100 navires et plus de 3 000 personnes, incluant des « professionnels de santé », des « ingénieurs », des « enquêteurs sur les crimes de guerre » et des « observateurs juridiques », devraient donc converger vers Gaza, ce printemps, depuis divers ports méditerranéens et par la route via l’Afrique du Nord.
Alors que la situation humanitaire est marquée par une « famine de masse » et la « destruction systématique de la vie civile », cette coalition de près de 100 pays entend prouver que le « lien d’humanité » peut briser les sièges là où la diplomatie traditionnelle échoue.
Cette mobilisation inédite entend répondre à l’aggravation des restrictions imposées par Israël à la population palestinienne de la bande de Gaza. Le Global Movement to Gaza France (GMTG-F), antenne française de la GSF, rappelle, à ce titre, qu’en plus d’un « blocus illégitime, illégal et inhumain » en vigueur depuis 2007, les autorités israéliennes ont franchi un nouveau palier, le 1er janvier 2026, en interdisant l’accès à l’enclave à « 37 ONG majeures », au premier rang desquelles figure Médecins Sans Frontières. Le GMTG-F, vient d’ailleurs d’adresser une « demande officielle » de rencontre au Président Emmanuel Macron ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, afin d’obtenir une « protection diplomatique et consulaire » pour les ressortissants français qui monteront à bord des navires de la GSF et s’assurer que l’État déploie les moyens nécessaires pour « garantir la sécurité de la flottille ».
La date du 29 mars 2026 est désormais gravée comme le point de départ
Cet automne, alors que les quarante navires de la GSF avaient été pris pour cibles par des drones israéliens, à plusieurs reprises, dans le port de Tunis et dans les eaux internationales, la réaction du ministère français des affaires étrangères avait suscité l’indignation.
Et pour cause, il s’était contenté d’un communiqué renvoyant les ressortissants français à leur responsabilité individuelle, en indiquant que « Les participants à cette expédition en faveur de Gaza ont été informés des risques encourus » et que « Les conseils aux voyageurs s’appliquent à tous y compris aux parlementaires et aux journalistes. » À l’époque, la seule rédaction française à avoir envoyé un reporter à bord de la flottille était l’Humanité.
En France, par ailleurs, plusieurs associations, dont l’AFPS, l’UJFP, Wave of freedom, les Amis de D. Cazanova, Corsica Palestine et des syndicats comme la FSU, Solidaires et plusieurs fédérations CGT, entendent, de leur côté, créer une large campagne de soutien à toutes les flottilles qui partiront ce printemps.
En plus des navires de la GSF, ceux des Thousand Madleens et de la Freedom Flottilla Coalition sont également en cours de préparation dans différents ports de Méditerranée et les discussions se multiplient pour faire en sorte que tous naviguent ensemble. La date du 29 mars 2026 est désormais gravée comme le point de départ d’un nouveau bras de fer entre les citoyens acteurs de la solidarité internationale avec le peuple palestinien et les politiques de blocus inhumaines.
Émilien Urbach
L'Humanité du 06 février 26
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