Francesca Albanese… L’Université américaine de Beyrouth (AUB) est-elle partiale envers l’axe du génocide ?

 

Dans une déclaration ferme et sans équivoque, l’initiative « Boycott Resist » a replacé la décision de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) de refuser d’accueillir la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, dans son véritable contexte politique et juridique. L’initiative considère cette décision comme une capitulation injustifiée face aux sanctions américaines et une utilisation sélective du droit pour restreindre la liberté d’expression académique au Liban.
La déclaration explique que l’administration américaine a imposé des sanctions à Mme Albanese en juillet 2015, sur la base de rapports officiels qu’elle a soumis en sa qualité de Rapporteuse spéciale des Nations Unies, dans lesquels elle accusait Israël de commettre un génocide à Gaza et nommait des institutions et entreprises internationales impliquées dans le soutien à ces crimes. Cependant, « Boycott Resist » souligne que ces sanctions n’incluent pas, juridiquement, le fait de donner des conférences, de participer à des activités académiques ou d’échanger des idées, contrairement à la justification avancée par l’Université américaine de Beyrouth.
Dans ce contexte, la déclaration rappelle une clarification émise par le département du Trésor américain en décembre 2025, affirmant explicitement que les sanctions ne s'appliquent pas aux formes d'expression, à la communication intellectuelle ni aux activités académiques. De ce fait, l'invocation de sanctions par l'université pour annuler la conférence est dépourvue de tout fondement juridique contraignant.
La déclaration fait également référence à la lettre de l'université du 25 janvier 2026, dans laquelle elle prétend respecter les lois américaines et libanaises, arguant que cette affirmation est contredite par un long historique de non-respect de la législation libanaise sur les sanctions.
La déclaration cite des exemples concrets, notamment l'accueil de personnalités ayant déjà visité Israël ou participé à des conférences universitaires dans ses universités en 2018 et 2024, sans que l'administration n'y voie aucun conflit avec la loi libanaise sur le boycott. Parmi les exemples cités, on peut mentionner une conférence de Marwan Muasher (premier ambassadeur jordanien en Israël) en octobre 2024 et l'accueil de Fraser Stoddart en 2018, qui avait déjà visité Israël et participé aux célébrations du 70e anniversaire de l'indépendance du pays. Le communiqué mentionne également la réception de Walid Saleh, qui s'est rendu à plusieurs reprises dans les territoires occupés et a participé à de nombreuses conférences et colloques universitaires israéliens.
« Boycott Resist – Lebanon » conclut son communiqué en soulignant que l'incident n'était pas un simple problème administratif ou technique, mais un dangereux précédent ouvrant la voie à la généralisation de la censure politique au sein des universités libanaises. Le collectif appelle les étudiants et le personnel universitaire à se mobiliser et à faire pression pour le rétablissement de la conférence d'Albanese, afin de défendre la liberté d'expression académique et de rejeter l'utilisation des sanctions américaines pour faire taire toute critique d'Israël, même en dehors des États-Unis.
Albanese devait prendre la parole à l'Université américaine de Beyrouth après avoir reçu une invitation du Centre d'études palestiniennes du PLSC, mais l'administration de l'université n'a pas accordé à la rapporteuse spéciale de l'ONU, connue pour son soutien à la cause palestinienne, l'autorisation de prononcer cette conférence.

(Correspondance locale - Beyrouyh, le 02 février 26)

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