« Ces mesures mettent en péril la perspective d’un accord de paix » : 85 pays dénoncent la tentative d’annexion de la Cisjordanie par Israël

 

La disposition prise par Tel-Aviv prévoit la régularisation des titres fonciers dans la zone C, sous contrôle israélien.© Sopa Images/SPUS/ABACA
Dans une déclaration commune, 85 pays membres des Nations unies ont condamné, mardi 17 février, la multiplication des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, toujours plus proche d’être annexée. Aucune sanction n’a cependant été abordée, tandis que Tel-Aviv poursuit son génocide à Gaza et maintient un système d’apartheid en Cisjordanie.
Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies (ONU) condamnent l’adoption par Israël de nouvelles mesures visant à « étendre (sa) présence illégale » en Cisjordanie occupée. Dans leur déclaration commune, dévoilée mardi 17 février, les États signataires – dont la France, la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie, ainsi que l’Union européenne (UE) et la Ligue arabe – ont également réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d’annexion ».
Pour rappel, le gouvernement israélien, dirigé par le premier ministre Benyamin Netanyahou, a décidé, dimanche, d’accélérer le processus d’enregistrement foncier en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967. Le tout une semaine après avoir approuvé un texte facilitant les achats de terres par des Israéliens.

« Nous condamnons fermement les mesures unilatérales israéliennes »
La colonisation s’est poursuivie sans discontinuité depuis bientôt soixante ans, et ce, sous tous les gouvernements israéliens. Le processus d’occupation et d’apartheid s’est néanmoins accéléré sous la direction de Benyamin Netanyahou, aussi à l’impulsion du génocide perpétré dans la bande de Gaza, qui se poursuit depuis octobre 2023.
« Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d’Israël en Cisjordanie, ont ainsi réagi, au siège de l’ONU, à New York, les 85 États membres derrière la déclaration. Ces décisions sont contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées. »
Ces derniers ont ajouté : « Nous réitérons notre rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, la nature et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-est. Ces mesures violent le droit international, compromettent les efforts déployés en faveur de la paix et de la stabilité dans la région (…) et mettent en péril la perspective d’un accord de paix mettant fin au conflit. »
La nouvelle disposition prise par Tel-Aviv prévoit le financement à hauteur de 244 millions de shekels (l’équivalent de 67 millions d’euros) d’une opération de régularisation des titres fonciers dans la zone C, sous contrôle israélien. Cette dernière représente près de 60 % du territoire de la Cisjordanie occupée.

Plus de 500 000 Israéliens vivent illégalement en Cisjordanie
De son côté, l’Autorité palestinienne a « condamné avec force » la décision adoptée dimanche et a rejeté « toute tentative de désigner des terres de Cisjordanie comme « territoire public » sous contrôle de la force d’occupation ». Elle a jugé ces mesures « légalement invalides » et revenant au « début de facto d’un processus d’annexion ».
L’ONU, plusieurs pays arabes et l’Union européenne avaient déjà dénoncé, lundi, l’adoption par Israël de ces nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait notamment appelé Israël à « revenir immédiatement » sur ces mesures, qui « ne sont pas seulement déstabilisantes mais, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice, illégales ».
L’UE a, elle aussi, répété que « l’annexion (de la Cisjordanie occupée) est illégale au regard du droit international », tandis que le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des « actions illégales » qui visent à « imposer la souveraineté d’Israël sur les terres palestiniennes ». Reste que ces nouvelles accusations viennent s’ajouter aux précédentes, dont les conséquences auront été minimes voire nulles. La communauté internationale s’indigne, aucune sanction n’est prise, Israël poursuit son projet colonial. Hormis Jérusalem-est, occupée et annexée par Tel-Aviv, plus de 500 000 Israéliens vivent illégalement en Cisjordanie occupée, au sein de colonies, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

L'Humanité du 18 février 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire