Si le Hamas semble vouloir avancer sur le chemin de la paix tracé par Donald Trump, le gouvernement israélien peste contre la composition des nouvelles institutions de transition.
Faut-il encore y croire ? Si Donald Trump a une conception presque antinomique de la paix, qui serait basée sur « la force » et l’intimidation, la cruauté qu’Israël déchaîne depuis plus de deux ans sur les Gazaouis fait de chaque nouvelle initiative un espoir.
La dernière d’entre elles est ce « conseil de la paix » dont se félicitent ces derniers jours l’envoyé de Washington au Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le président états-unien lui-même sur son réseau Truth Social. « Nous sommes OFFICIELLEMENT entrés dans la prochaine phase du plan de paix en 20 points pour Gaza ! » a posté le républicain, après une première phase de cessez-le-feu largement violée par Tel-Aviv : plus de 450 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées depuis, selon le ministère de la Santé de Gaza, et l’aide humanitaire destinée à l’enclave palestinienne continue d’être entravée.
Ce conseil de la paix, composé de dirigeants de l’administration Trump ou d’Occidentaux comme l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, est censé être complété d’un « gouvernement technocratique palestinien » – qui a tenu sa première réunion ce samedi – et d’un « comité national d’administration de Gaza », tous deux sous le haut patronage de la Maison-Blanche, qui « gouvernera Gaza pendant sa transition », selon son président. Lequel a remercié les efforts de médiation de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie.
Benyamin Netanyahou échaudé par l’initiative unilatérale de son allié
Au cours de cette transition aux contours encore flous, le Hamas doit rendre les armes et l’armée israélienne quitter le territoire palestinien. La question du déploiement d’une force internationale de stabilité reste également en suspens, alors qu’Ali Shaath, ancien vice-ministre des Transports de l’Autorité palestinienne, a été nommé à la tête du comité d’administration, comme Nickolay Mladenov (ex-ministre bulgare de la Défense et des Affaires étrangères) à la direction des opérations de ce conseil de la paix.
« La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction, pour le cadre du Hamas Bassem Naim. C’est essentiel pour consolider le cessez-le-feu, empêcher un retour à la guerre, traiter la crise humanitaire catastrophique et préparer une reconstruction globale. »
Au contraire, le Jihad islamique palestinien s’est dit ce week-end « surpris par la composition du prétendu ”conseil de paix” et par les noms annoncés, choisis selon des critères israéliens et servant les intérêts de l’occupation, ce qui témoigne clairement d’intentions négatives préméditées quant à la mise en œuvre de l’accord ».
Comme le Jihad islamique, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est échaudé par l’initiative unilatérale de son allié. Ce dimanche, il a convoqué une réunion des membres du gouvernement de coalition Likoud-extrême droite, notamment pour protester contre la composition de cette nouvelle institution, qui « n’a pas été coordonnée avec Israël et va au contraire de sa politique », selon son cabinet.
La présence du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, irriterait Tel-Aviv, autant que l’invitation lancée par Donald Trump au président Recep Tayyip Erdogan pour qu’il rejoigne le conseil de la paix, à l’instar de nombreux autres dirigeants. Un énième prétexte pour faire capoter toute « paix » que les Palestiniens, qui n’ont pas leur propre destin entre leurs mains, ne peuvent qu’espérer.
Axel Nodinot
L'Humanité du 18 janvier 26
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