Gaza : invitée au conseil de la paix par les Etats-Unis, la France « n’entend pas donner de suite favorable » à ce stade, fait savoir l’entourage d’Emmanuel Macron

 

Donald Trump et Emmanuel Macron, lors du sommet sur la paix, à Charm El-Cheikh (Egypte), le 13 octobre 2025. YOAN VALAT / VIA REUTERS
Le ministère des affaires étrangères français dit être en train d’examiner cette invitation, reçue ces derniers jours par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement.
Tout comme le président russe, Vladimir Poutine, le roi de Jordanie, Abdallah II, ou la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, Emmanuel Macron a été invité en tant que président de la République à rejoindre le conseil de la paix lancé à l’initiative de Donald Trump dans le cadre du plan américain pour aboutir à un arrêt de la guerre menée par Israël à Gaza.
« En lien avec nos proches partenaires, nous examinons actuellement les dispositions du texte proposé comme fondement de cette nouvelle instance, dont le projet dépasse la seule situation à Gaza », a fait savoir le Quai d’Orsay lundi en début d’après-midi. Mais quelques heures plus tard, l’entourage d’Emmanuel Macron a annoncé que la France « n’entend pas donner suite favorable », à ce stade.
« Comme de nombreux pays, la France a été invitée à rejoindre le Board of Peace et examine avec ses partenaires le cadre juridique proposé avec ses partenaires. A ce stade, elle n’entend pas donner suite favorable », a fait savoir l’entourage du chef de l’Etat auprès du Monde.
Pour cette même source, cette initiative proposée par les Etats-Unis « dépasse le seul cadre de Gaza ». « Elle soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations Unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause. »
En début d’après-midi lundi, le Quai d’Orsay avait aussi insisté sur l’« attachement » de la France à la Charte des Nations unies et à la résolution 2803, votée le 17 novembre 2025 par le Conseil de sécurité de l’ONU, et qui vise notamment à renforcer l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Cette résolution de l’ONU évoque « un chemin crédible vers une autodétermination et un statut d’Etat palestinien » et mentionne un « dialogue entre Israël et les Palestiniens pour s’entendre sur un horizon politique de coexistence pacifique et prospère ».
Selon un document consulté par l’Agence France-Presse, l’invitation pour ce conseil de la paix serait valable pour trois ans. Une place permanente en son sein serait soumise à une participation d’1 milliard de dollars, selon la même source. Le Canada a notamment fait savoir qu’il « ne paiera pas pour un siège » dans ce conseil de la paix, tout en se portant volontaire pour occuper une place temporaire. « C’est important d’avoir une place à la table pour donner forme à ce processus depuis l’intérieur », a fait savoir auprès de l’AFP un haut conseiller du premier ministre canadien, Mark Carney, soulignant qu’il restait « des détails à régler (…) pour formaliser les prochaines étapes ».
Plus tôt, lundi, le porte-parole du Kremlin avait annoncé que Vladimir Poutine avait, lui aussi, été contacté par les Etats-Unis pour faire partie de cet organe, qui doit superviser l’application de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans l’enclave palestinienne.

(Avec les agences de presse du 19 janvier 26)

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