L'espoir qui reste

 

(Extrait)

La nuit venait de tomber subitement. Le fond de l'air était frais. Notre conversation touchait à sa fin:
...
- "Que faisiez vous la nuit sous l’occupation?"
- "Nous aiguisions les lames des couteaux et sortions les vieux fusils"
- "Vous ne dormiez donc pas?"
- "A tour de rôle et si peu... Nous devions restés toujours sur nos gardes et prompts à agir"
- "Agir?"
- "Oui, tuer ou mourir"
- "Vous en avez tués beaucoup?"
- "Pas suffisamment"
- "Vous étiez jeunes, forts et courageux"
- "Pas du tout... nous n'avions pas le choix... c'était eux ou nous"
...
A ces dernier mots, un silence s'établit entre nous. Nos regards ne pouvaient plus se croiser, la nuit était trop noire. J'entendais le souffle de sa respiration. Je ressentais la profonde colère en lui.
Appuyé sur sa canne, Nadim se leva de sa chaise à bascule et lentement, se dirigea vers l'entrée de l'oliveraie en contre bas. Je me levai et le suivis. Il s'arrêta net et du bout de sa canne m'indiqua le vaste terrain qui s'étalait devant nous. D'une voix étranglée chargée d'émotions, à peine audible, me dit: "Ici, sont tombés des dizaines de copains. Les branches de ces arbres sont gorgées de leur sang."

Par Roland RICHA
Mercredi, 05 octobre 2022
Extrait d'une nouvelle "L'espoir qui reste" à paraître prochainement.

Samedi 29 octobre 2022:
"Je marche pour la Palestine"
https://assawra.blogspot.com/2022/09/samedi-29-octobre-2022-je-marche-pour.html

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