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| Le 4 novembre 2026, des personnes rassemblées devant la Cour suprême, dans le centre de Londres, brandissant des pancartes en soutien au groupe militant « Palestine Action ». © Henry NICHOLLS / AFP |
Une audience de deux jours a débuté ce mercredi 4 novembre à la Cour suprême britannique concernant le groupe Palestine Action. La cofondatrice Huda Ammori a déposé un recours contre la désignation de ce mouvement de désobéissance civile, créé en 2020, comme « organisation terroriste » sur un motif procédural limité.
Elle estime que le ministère de l’Intérieur n’a pas respecté ses propres critères dans sa décision puisque « seules trois des 385 actions menées par Palestine Action sur cinq ans ont été considérées comme répondant à la définition du terrorisme », selon des documents judiciaires.
Cette désignation a permis au gouvernement travailliste, d’interdire l’organisation, en juillet 2025 en vertu de la loi sur le terrorisme. Face au génocide perpétré par les autorités israéliennes à Gaza, depuis 2023, le groupe avait multiplié les initiatives.
Elles ont visé tout particulièrement des entreprises d’armements du Royaume-Uni qui exportent vers Tel-Aviv. Deux d’entre elles ont été particulièrement cités par les autorités : les dégradations d’une base de la Royal Air Force en juin et celles contre l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems en août 2024.
Prêtre, vétéran de l’armée et Greta Thunberg
Depuis l’interdiction, une longue bataille judiciaire a débuté. Les expressions publiques de soutien à Palestine Action sont devenues une infraction pénale au titre de la loi sur le terrorisme du Royaume-Uni, passible de jusqu’à 14 ans de prison.
Outre les condamnations de l’ONU, la Haute Cour de Londres a critiqué cette décision la qualifiant de « disproportionnée ». En février, le tribunal a jugé qu’elle entraînait « une ingérence substantielle » dans les droits à la liberté d’expression et de réunion.
De son côté la Cour d’appel a confirmé en juin la décision du gouvernement, concluant que l’interdiction n’était « pas illégale » et que Palestine Action était « une organisation clandestine opérant avec des cellules secrètes ».
Lors de récentes manifestations, samedi 31 octobre, plus de 300 soutiens à l’association ont été arrêtés par la police londonienne pour avoir brandi des pancartes portant le slogan : « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Parmi les personnes interpellées figurent de nombreux retraités, dont un prêtre, un ancien conseiller financier, un vétéran de l’armée et l’activiste climatique étudiante suédoise Greta Thunberg.
4 200 arrestations depuis l’interdiction du groupe
Toute expression de soutien à ce groupe proscrit est passible de poursuites depuis que le gouvernement a classé Palestine Action comme terroriste – au même titre qu’Al-Qaïda.
L’écrivain suédois, Andreas Malm vient d’être interdit d’entrer sur le territoire pour avoir participé à un événement aux côtés d’Huda Ammori. 900 universitaires ont lancé un appel qui condamne une atteinte à la liberté d’expression.
Selon le collectif Defend Our Juries, qui organise des manifestations de soutien à Palestine Action, environ 4 200 personnes ont été arrêtées depuis que le groupe a été interdit par le gouvernement britannique.
Si l’audience devant la Cour suprême s’achève ce jeudi 5 novembre, le jugement est reporté. En cas d’échec, Huda Ammori a déjà indiqué qu’elle porterait l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
Vadim Kamenka
L'Humanité du 04 novembre 26

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