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« Je me bats pour que le bombardement qui a tué mes parents ne reste pas impuni » : la justice française enquête sur des crimes de guerre d’Israël au Liban

 

Un bombardement sur la banlieue sud de Beyrouth, près de l’aéroport, le 12 novembre 2024.
© Marwan Naamani/ZUMA /ABACA
La justice française a ouvert une information judiciaire à Paris sur des soupçons de crimes de guerre commis par les forces d’occupation israéliennes au Liban, a annoncé l’avocate Me Clémence Bectarte. Son client, l’artiste Ali Cherri, a porté plainte après que ses parents ont été tués dans un bombardement israélien à Beyrouth, fin 2024.
Deux ans de bataille judiciaire et la lumière apparaît enfin. Deux juges français ont été saisis sur des soupçons de crimes de guerre commis par les forces d’occupation israéliennes au Liban. Au centre de cette lutte se trouve l’artiste franco-libanais Ali Cherri, qui a perdu ses parents dans un bombardement à Beyrouth fin 2024.
Son avocate, Me Clémence Bectarte, a confirmé mardi 3 novembre qu’il a enfin obtenu l’ouverture d’une information judiciaire à Paris. Soit six mois après qu’une plainte a été déposée avec constitution de partie civile au côté de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

Sept victimes
L’information judiciaire est « la première enquête judiciaire relative aux crimes commis par l’armée israélienne au Liban depuis le début de l’opération militaire en octobre 2023 » en France, a salué l’avocate. « Depuis près de deux ans, je me bats pour que le bombardement israélien qui a tué mes parents et cinq autres civils ne reste pas impuni », a réagi Ali Cherri auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
Les sept victimes ont été tuées dans le bombardement de leur immeuble de 12 étages du quartier de Noueiri, dans le centre de la capitale libanaise, le 26 novembre 2024. Ali Cherri n’a cependant pas pu porter plainte pour homicide.
« Ce qui est arrivé à mes parents n’est pas un cas isolé, ajoute l’artiste. Au-delà de mon histoire personnelle et de la mémoire de mes parents, ce combat est aussi celui de la dignité de toutes les victimes civiles. J’espère que cette enquête contribuera à briser l’impunité dont bénéficient les responsables israéliens des attaques contre les civils au Liban et en Palestine. »
Le bombardement a eu lieu « quelques heures seulement avant l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah », selon la plainte. Me Clémence Bectarte s’est appuyée, pour construire son dossier, sur des recherches détaillées d’organisations telles que Forensic Architecture ou Amnesty International.

Une « attaque constitutive de crime de guerre »
En septembre, le parquet national antiterroriste (Pnat), compétent pour les crimes de guerre, a demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre X, actant d’indices « graves et concordants » que ces faits ont été commis, selon une source proche du dossier. D’autres plaintes visant l’armée israélienne ont été déposées à Paris.
Par exemple celle d’un autre Franco-Libanais, Mohamad H., qui a perdu sa mère, sa sœur et deux neveux dans des bombardements à Tyr (sud), en avril dernier, ou celle d’un entrepreneur français né au Liban qui accuse l’armée israélienne d’avoir arraché 600 oliviers centenaires appartenant à sa famille.
En dehors du Liban, les agissements des forces d’occupations israéliennes sont au cœur d’enquêtes préliminaires du Pnat pour tortures et crimes de guerre après l’interception de flottilles humanitaires ayant tenté de briser le blocus qui étouffe Gaza.

Tom Demars-Granja
L'Humanité du 03 novembre 2026

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