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| Les habitants reviennent depuis ce lundi au compte-goutte dans leurs habitations, ils découvrent celles-ci ravagées. © JOHN WESSELS / AFP |
On ne saurait mieux dire : initiée après l’attaque de deux Palestiniens d’Hébron qui ont tué deux soldats israéliens, le 23 octobre dernier, l’opération est « terminée », selon un communiqué publié par l’armée israélienne.
« Ce matin, après l’achèvement de l’ensemble des activités opérationnelles, les soldats se sont retirés de la zone d’intervention à Hébron. Les opérations antiterroristes se poursuivent dans l’ensemble de la Judée-Samarie », précise le communiqué, selon les termes employés par l’armée coloniale d’Israël, qui nomme la Cisjordanie « Judée-Samarie ».
L’armée a indiqué avoir procédé au déplacement forcé de tout le quartier des assaillants, et avoir saisi « quatre armes » et quelques « gilets pare-balles ». Non sans avoir détruit de nombreuses habitations et saccagé le quartier : une punition collective qui porte la marque de la violence du gouvernement de Benyamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, Israël Katz.
3 361 Palestiniens évacués
Ces représailles collectives sont habituelles en Cisjordanie, notamment ces deux dernières années dans les camps de réfugiés palestiniens. Selon l’agence palestinienne WAFA, 537 familles, soit 3 361 personnes, ont été évacuées en pleine nuit le 23 octobre, dont 2 325 nourrissons, 147 femmes enceintes, 32 personnes handicapées et 213 atteintes de maladies chroniques, expulsées sans accès aux soins élémentaires.
Alors que les habitants reviennent depuis ce lundi au compte-goutte dans leurs habitations, ils découvrent celles-ci ravagées. Les autorités palestiniennes d’Hébron font état de fenêtres et meubles brisés, de tags de drapeaux israéliens ou de croix noirs ou rouges, indiquant que le lieu a été fouillé.
L’un des habitants, Muhanad al-Tamimi, a témoigné auprès de l’AFP que son appartement avait été « saccagé, meubles et vêtements dispersés sur le sol, le vélo d’un enfant cassé ». Treize sites industriels ont été endommagés, de nombreux magasins détruits et pillés : la chambre de commerce d’Hébron estime le montant des dégâts de 25 à 30 millions d’euros.
Une opération coloniale dénoncée par les Nations unies
La semaine dernière, le quotidien de gauche Haaretz révélait que le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, avait recommandé au premier ministre de mettre fin à l’opération dès le 25 octobre, estimant qu’il n’y avait « aucune raison opérationnelle » de prolonger le raid ni « aucun motif juridique » d’empêcher les Palestiniens de rentrer chez eux. Le premier ministre avait insisté pour continuer, élections obligent.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait dénoncé l’opération dès son lancement : « Nous assistons à une escalade de la répression, tandis que le spectre du nettoyage ethnique plane de plus en plus lourdement. » À noter le silence assourdissant du Quai d’Orsay et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Benjamin König
L'Humanité du 02 novembre 26

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