La stèle posée dans le 5e arrondissement de Paris en hommage à Henri Curiel, fondateur du mouvement communiste égyptien et militant anticolonialiste assassiné en 1978, a de nouveau fait l’objet de dégradations. Des actes répétés de vandalisme qui, selon Sylvie Braibant, sa cousine, seraient le fait d’un récidiviste pouvant être lié à l’extrême droite.
Les tags à l’encre indélébile méticuleusement griffonnés en diagonale, à l’horizontale, à la verticale, sur la stèle de marbre blanc témoignent d’une rage peu commune. Et de cette volonté manifeste : ne rien laisser lisible des mots gravés en hommage à Henri Curiel, militant anticolonialiste et fondateur du mouvement communiste égyptien, assassiné le 4 mai 1978, au pied de son immeuble, rue Rollin (Paris 5e), là où cette plaque commémorative est vouée à rappeler son combat pour la paix, depuis qu’elle a été inaugurée sur les lieux du drame, en 2019.
Occulter la mémoire et les combats d’Henri Curiel
« C’est vraiment un acharnement », confie à l’Humanité Sylvie Braibant, cousine d’Henri Curiel. L’ancienne rédactrice en chef de TV5 Monde confie sa perplexité face à ces actes répétés de vandalisme visant à occulter la mémoire de son cousin qui, à ses yeux, ne peuvent être que le fait d’un récidiviste.
Il a d’abord sévi en déboulonnant, par deux fois, la plaque posée sur le mur surplombant l’escalier menant à la rue Rollin. « La mairie de Paris pensait avoir trouvé la solution avec cette stèle scellée au sol, impossible à enlever à moins de faire usage d’un marteau-piqueur. »
Une parade qui n’a pas éteint la rage de destruction à l’œuvre : « Nous avons posé toutes les hypothèses, notamment celle d’un acte venant de l’extrême droite antisémite ou de l’extrême droite sioniste, sans parvenir à la moindre certitude », détaille Sylvie Braibant. Un mystère qui s’ajoute à celui entourant la mort d’Henri Curiel. Jusqu’à aujourd’hui, l’identité de l’assassin demeure inconnue.
Hayet Kechit
L'Humanité du 13 octobre 2026
La photo: Les mots gravés en l’honneur du militant anticolonialiste ont été rageusement et totalement recouverts d’encre indélébile. Après la destruction de la plaque dédiée aux communards fin septembre, c’est une nouvelle attaque, dans Paris, à un lieu de mémoire de la gauche et de la république.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire