▼

Rima Hassan jugée pour apologie du terrorisme : ce qu’il faut savoir avant le procès qui s'ouvre ce lundi

 

L’eurodéputée LFI Rima Hassan sera jugée lundi 19 et mardi 20 octobre à Paris à la suite d’un tweet, depuis supprimé, qui citait l’un des auteurs de l’attentat responsable de la mort de 26 personnes en 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv.
La liberté d’expression à la barre. Rima Hassan sera jugée du lundi 19 au mardi 20 octobre, pour avoir publié un tweet depuis supprimé, citant l’un des auteurs de l’attentat responsable de la mort de 26 personnes, en 1972, à l’aéroport de Tel-Aviv (Israël).
Rima Hassan avait publié une citation attribuée à un Japonais combattant de la cause palestinienne : « Kozo Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Ce tweet rapidement supprimé avait été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).
C’est dans cette procédure que Rima Hassan avait été placée en garde à vue la semaine suivante, et accusée d’être en possession de cannabis et de drogues de synthèse. Une fausse information, rapidement relayée grâce à des fuites de policiers dans la presse et même du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, comme l’a révélé l’émission Complément d’Enquête.
La militante de la cause palestinienne a depuis porté plainte contre le ministre de l’Intérieur, qui nie avoir contribué à la diffusion de ces fausses informations. « Rarement une élue n’aura été autant poursuivie en raison de ses opinions, avec autant d’éléments convergents qui révèlent les motivations politiques sous-jacentes », estime auprès de l’AFP son avocat Vincent Brengarth. Un constat partagé par des rapporteurs de l’ONU, dénonçant un « harcèlement judiciaire et politique » contre l’élue.

Rima Hassan dénonce un procès politique
Initialement prévu en juillet, le procès de Rima Hassan avait été reporté à la demande de la défense, qui avait dénoncé un « déferlement de constitutions de parties civiles » au dernier moment. La militante pour la cause palestinienne avait dénoncé un procès politique, visant « à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens ».
Régulièrement taxée d’antisémite par ses opposants politiques en raison de ses positions très critiques envers Israël, Rima Hassan est une habituée des clashs sur X, où elle a tweeté un peu plus de 1 200 fois en 2026, selon un décompte de l’AFP.
Le 5 octobre, l’eurodéputée a été accusée d’avoir renversé des drapeaux israélien et européen en marge d’une exposition organisée par la représentation diplomatique d’Israël et l’American Jewish Committee, un groupe de pression pro-israélien, dans les couloirs du Parlement européen consacrée à l’attaque du 7 octobre 2023.
Son geste s’inscrivait, selon elle, « dans la dénonciation du génocide toujours en cours mené par le gouvernement israélien », sans viser « les personnes auxquelles cet événement entendait rendre hommage, ni leur mémoire. »
Presque qu’au même moment, la juriste a déposé plainte pour menaces de mort sur les réseaux sociaux contre un homme – adhérent au parti d’extrême droite Reconquête ! – muni d’une arme, qui l’avait menacée, mais avec lequel elle a par la suite raconté avoir longuement échangé.
Une vingtaine de plaintes visant l’eurodéputée ont été classées sans suite, selon le parquet de Paris. Elle-même figure comme victime dans une dizaine de procédures, selon la même source.

L'Humanité du 19 octobre 26

Photo: Le procès de l’eurodéputée Rima Hassan, pour apologie du terrorisme, se déroulera le 19 et 20 octobre à Paris.
©Blanca CRUZ / AFP

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire