Depuis 2023, 150 000 Israéliens ont choisi de s’exiler. Parmi eux, Omri, Yoël, Michal et Noa, quatre militants pacifistes désormais installés en France, ont fui un pays qui s’est enfoncé dans une guerre sans merci contre les Palestiniens depuis les massacres du 7-Octobre perpétrés par le Hamas.
Noa, 49 ans (qui témoigne sous un prénom d’emprunt), est soulagée. Sa progéniture est au complet : son aînée, 20 ans, vient de quitter Israël. La jeune fille a rejoint ses parents, ses frères et sœur, âgés de 18, 14 et 9 ans, arrivés à Paris en septembre 2025. Depuis un an, Noa découvre son pays d’accueil, avec lequel elle n’avait aucun lien, et ses spécificités. Comme Parcoursup. Un de ses fils, élève brillant dans les matières scientifiques, n’a pourtant reçu aucune réponse favorable à l’issue de ses choix… L’algorithme n’a pas pris en compte son parcours. Il retentera. Cette déconvenue fait partie des innombrables ajustements à la nouvelle vie dans laquelle Noa et son mari ont embarqué leurs enfants.
« Redémarrer est difficile mais je ne regrette pas du tout ma décision, explique cette ancienne éducatrice en milieu scolaire, en oubliant de boire son thé glacé, dans un café du 5e arrondissement. Je les ai déracinés mais c’est le prix à payer : vivre dans un pays qui tue des enfants, quelle qu’en soit la raison, est inconcevable. » Des larmes brouillent ses yeux.
Cet après-midi-là, Noa revient de son cours hebdomadaire de français. Lors de la précédente session, elle avait fait la connaissance de Maha, une Palestinienne : « Nous nous asseyions toujours à côté. Dans mon français balbutiant, je lui ai dit que j’étais tellement désolée pour ce que, nous, Israéliens, faisions à son peuple. »
Depuis trois ans, la guerre à Gaza, qui a suivi les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas dans des villages juifs, et les exactions des colons et de l’armée en Cisjordanie poussent certains Israéliens à quitter leur pays. Les personnes que nous avons rencontrées, toutes nées en Israël, sont engagées dans la défense des droits des Palestiniens. Effarées par la guerre menée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et l’absence de compassion d’une partie de l’opinion publique pour les civils palestiniens, elles ont choisi l’exil. Elles sont parties la mort dans l’âme, lestées par la perte de tout espoir de paix et persuadées que tout horizon démocratique a disparu.
« Il fallait que je m’en aille »
Assise en terrasse près du canal Saint-Martin, Michal Aviad, 71 ans, jupe violette et chemisier chamarré, se souvient que sa décision s’est imposée très rapidement après le début de la guerre : « Autour de moi, je n’entendais plus que le mot “vengeance”. Même des gens qui se disaient de gauche ne se souciaient plus de ce que les Palestiniens subissaient. Au bout de quelques semaines, il m’est apparu avec évidence qu’un génocide [terme qui divise les juristes] était en cours, j’étais submergée par le dégoût et la culpabilité. »
« La déshumanisation des Palestiniens » qu’elle a ressentie a été son point de bascule. « Je n’avais plus ma place dans ce pays, il fallait que je m’en aille », raconte cette réalisatrice. Le temps de régler des détails administratifs et, en juin 2024, elle déménage à Paris avec son compagnon, français et enseignant retraité, comme elle, de l’université de Tel-Aviv.
Depuis le début de l’année 2023, constatant les attaques grandissantes de la coalition de la droite et de l’extrême droite au pouvoir contre l’Etat de droit, Yoël Taieb, 28 ans, et Omri Sheffer, 25 ans, songeaient également à partir. Tous deux sont désormais étudiants à Paris-Saclay, le premier vient d’y achever un master 2 de biologie végétale, le second y commence une thèse en chimie nucléaire. « On a coutume de dire qu’il est difficile de prendre conscience que son pays s’engage vers le fascisme, je vous assure, c’est très facile à voir », considère Omri Sheffer, attablé au café Les Pianos, à Montreuil.
La soirée du 12 octobre 2023 a été leur ligne rouge. Avec un petit collectif de gauche, ils participent alors à un rassemblement sur une place, à Jérusalem. Cinq jours après les attaques du Hamas, le pays est sidéré, ils choisissent donc avec soin leur slogan pour ne pas heurter. Sur sa pancarte, Yoël Taieb a écrit, en hébreu et en arabe, « Un accord immédiat pour la libération des otages », Omri Sheffer une phrase de la Torah, « Et tu choisiras la vie ». « Avant le 7-Octobre, je manifestais d’habitude avec un drapeau palestinien en réclamant “la libération du ghetto de Gaza”, précise Yoël Taieb. C’est dire si, cette fois-là, mes propos étaient très soft. »
Les militants sont regroupés depuis dix minutes à peine que les forces de l’ordre les encerclent. Insultes, coups, lunettes brisées… « Nous pensions que nos messages pouvaient parler au plus grand nombre. Nous avons compris que l’activisme n’était plus audible », poursuit Yoël Taieb. Omri Sheffer reste également marqué « par la violence qui s’est déchaînée contre les étudiants arabes de l’université hébraïque de Jérusalem. C’était une chasse aux sorcières ». Le couple entreprend de chercher une université à l’étranger. Et le 26 août 2024, leurs derniers examens passés, ils montent dans l’avion pour être présents en France le 5 septembre, jour de leur rentrée.
« Une culture de la guerre »
Ces quatre départs de personnes toutes nées en Israël s’inscrivent dans un mouvement d’émigration dont l’ampleur est inédite : entre 2023 et 2025, 150 000 personnes ont quitté le pays, selon le Bureau central des statistiques d’Israël. Ces trois mêmes années, 269 000 Israéliens sont partis pour une durée d’au moins trois mois alors qu’ils étaient 183 000 une décennie auparavant, entre 2013 et 2015, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Tel-Aviv. Par ailleurs, plus de départs que d’arrivées ont été enregistrés : jamais, depuis sa création en 1948, l’Etat hébreu n’avait connu un solde migratoire négatif sur une aussi longue période.
Ce sont les catégories socioprofessionnelles les plus éduquées ou qui travaillent dans des secteurs à forte valeur économique, comme celui des technologies, qui alimentent le plus ces exils. « Il était hors de question que mes recherches [en chimie nucléaire] contribuent de près ou de loin aux guerres menées par mon pays, expose Omri Sheffer, d’une voix douce et déterminée. Or, en Israël, trouver dans ce secteur un emploi qui ne soit lié ni à l’armée ni à l’industrie de l’armement est quasiment impossible. »
La coalition formée par le Likoud de Benyamin Nétanyahou avec l’extrême droite, en 2022, et les réformes judiciaires, début 2023, visant à affaiblir le pouvoir de la justice avaient déjà convaincu des milliers d’Israéliens de s’en aller. Les attaques massives du Hamas, qui ont tué 1 221 personnes, en majorité des civils, le sort cruel des 251 personnes prises en otages et les représailles qui ont suivi ont fait l’effet d’un accélérateur. « Avant, les opposants à Benyamin Nétanyahou voulaient encore croire que la situation finirait par s’arranger, qu’il quitterait le pouvoir et qu’une solution au conflit israélo-palestinien adviendrait, analyse Jérôme Bourdon, historien et conjoint de Michal Aviad. Cet horizon d’espoir, déjà lointain, a été englouti par le 7-Octobre et toutes les guerres qui ont suivi. »
Depuis trois ans, l’absence de perspective d’un règlement du conflit, l’extension de la guerre au Liban et en Iran et la vie politique verrouillée par l’extrême droite ont plongé le pays dans un état de tension permanent. La sociologue Lilach Lev Ari, professeure associée à l’université Oranim, dans le district d’Haïfa, a récemment publié les résultats d’une enquête conduite en 2024 et 2025 auprès de 71 Israéliens partis s’installer aux Etats-Unis : l’instabilité politique et sociale en Israël apparaît comme la première raison de leur départ. Et parmi eux, seul un sur cinq a indiqué être certain de vouloir retourner y vivre un jour.
« Cette question du départ est sur la table de toutes les classes moyennes et supérieures libérales, estime Denis Charbit, professeur de science politique à l’université ouverte d’Israël à Raanana. Depuis les attaques du 7-Octobre et leur bilan effroyable, le sentiment prévaut qu’une conversion générale à une culture de la guerre s’est produite et que ce tournant est irréversible. Plus personne n’a de levier. L’avenir semble bouché, le visage que prend le pays est inquiétant car il est uniforme. »
« J’ai choisi l’option de la lâcheté »
S’opposer à l’intérieur du pays ou depuis l’étranger ? Continuer de se battre ou renoncer face au désastre ? Ces dilemmes taraudent les opposants politiques du monde entier. « En privilégiant mes études, j’ai choisi l’option de la lâcheté, j’ai renoncé à la résistance politique, se désole Omri Sheffer. Contrairement à d’autres, je n’étais pas assez courageux pour m’engager davantage. »
Noa, elle, faisait partie de ce mouvement de volontaires israéliens qui se rendent en Cisjordanie pour protéger physiquement les Palestiniens des exactions des colons et de celles de l’armée. « La gratitude avec laquelle ils nous accueillaient m’a fait haïr ce que je représentais », raconte la mère de famille, qui a été officière dans l’armée quand elle avait 19 et 20 ans, lors de son service militaire. Elle raconte qu’à cet âge, elle était « très fière » de son pays. « Puis j’ai compris la réalité de l’occupation. Une fois que j’avais retiré mes œillères idéologiques, aucune marche arrière n’était plus possible. »
Elle est partie pour soustraire ses enfants à « l’idéologie guerrière » et au service militaire, obligatoire en Israël (trente-deux mois pour les garçons, vingt-quatre pour les filles) : « Je n’en suis pas fière. Parfois, à Paris, je perçois un reproche sous-entendu quand on me demande pourquoi je ne suis pas restée pour résister. En mon for intérieur, je pense : “Et vous, que faites-vous donc ?” »
« J’aurais pu rester pour défendre les Arabes israéliens, qui sont de plus en plus discriminés, je ne l’ai pas fait », annonce d’emblée Michal Aviad. Dans son dernier projet de fiction pour le cinéma, le personnage principal, une archéologue, conduit des fouilles qui font apparaître des traces des civilisations qui se sont succédé sur ces terres : des figurines de femmes datées de 1 000 av. J.-C., les restes d’un temple païen, ceux d’un village palestinien… Sa demande de subventions auprès de l’un des principaux fonds de financement du cinéma du pays, bénéficiaire de subventions publiques, The Israel Film Fund, a été rejetée, tout comme celles concernant les quatre autres projets qu’elle a soumis ces dernières années et qui abordaient tous le conflit israélo-palestinien. « Soi-disant qu’ils n’étaient pas assez bons ou pas pertinents », ajoute la cinéaste, qui a reçu de nombreux prix dans sa carrière.
Elle conçoit son exil comme la manifestation concrète de « l’échec de [s]es idéaux ». « Le projet de ma vie était de contribuer à une société plus égalitaire, entre les Juifs et les Arabes, entre les hommes et les femmes. Il a échoué. »
« Ce pays a été déserté par l’humanité »
Quand nous le rencontrons à Paris, Yoël Taieb a passé la journée à la bibliothèque François-Mitterrand à travailler sur le prochain numéro de Ho !, une revue littéraire israélienne. Dans la précédente publication, ses lecteurs ont pu lire des extraits d’Une saison de machettes (Le Seuil, 2003), récit de Jean Hatzfeld sur le génocide des Tutsi du Rwanda, et des messages radiophoniques que l’écrivain Thomas Mann envoyait à ses compatriotes allemands des Etats-Unis, où il avait fui le nazisme. « Les retours de la communauté littéraire ont été très virulents et négatifs. Aucun média n’en a parlé positivement mais les 500 exemplaires ont tous été vendus. Je suis très fier de ce numéro, je veux créer une bulle de résistance au sein de l’intelligentsia israélienne. »
Ceux qui ont accepté de témoigner insistent tous pour qu’il soit écrit qu’ils se considèrent comme « des privilégiés ». Par rapport aux Palestiniens, qui ne peuvent échapper aux bombardements à Gaza ni aux violences des colons et de l’armée en Cisjordanie. « Bien sûr, ce sont eux les victimes, insiste Omri Sheffer. Nos vies à nous n’étaient pas menacées. » Par rapport à leurs compatriotes, aussi, qui voudraient faire de même mais n’en ont pas la possibilité, pour des raisons familiales ou des motifs financiers. « Pour nous, cela a été très simple, raconte Noa. Mon mari travaille dans la programmation informatique pour une société internationale : il est passé de la succursale israélienne à la française. »
Né en Israël, Yoël Taieb est également français. Il a grandi à Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, dans une communauté religieuse sioniste. Ses parents, issus de familles juives d’Afrique du Nord, ont vécu leur enfance à Paris avant de faire leur alya, leur émigration vers Israël, au début des années 1990. « J’ai mes repères ici, mes grands-parents habitaient dans le 19e arrondissement. Les étés de mon enfance, ce sont le parc des Buttes-Chaumont et la piscine municipale. » Avec Omri Sheffer, ils ont choisi de s’installer à Montreuil, qu’ils apprécient pour son multiculturalisme.
Son père, qui habite toujours à Jérusalem, lui rend visite régulièrement : « Je le découvre en Parisien, on va manger un sandwich chez Douieb, un des très rares restaurants séfarades tunisiens encore présents dans le 9e arrondissement, et tant qu’on parle de politique française, ça va. J’évite le sujet d’Israël. » Lui y retourne le moins possible : « Ce pays a été déserté par l’humanité. »
Les fantômes des aïeux
L’« immense privilège » dont ils parlent et qui surpasse tous les autres, économiques et culturels, est la détention d’un passeport européen, qui permet de s’installer librement dans un des pays de l’espace Schengen. Ce document d’identité, qui apparaît aujourd’hui comme un précieux laissez-passer, résonne étrangement avec l’histoire de leurs familles. Celles-ci avaient fui les persécutions antisémites en Europe à partir de la fin du XIXe siècle ou avaient trouvé refuge en Israël après la Shoah.
En plus de sa nationalité israélienne, Noa possède celle d’un pays d’Europe de l’Est (dont elle préfère taire le nom), d’où est originaire une partie de sa famille : « C’est grâce à ce passeport que j’ai pu venir en France avec mon mari et mes enfants. » Elle regarde avec une légère stupéfaction le parcours de sa famille depuis le début du XXe siècle. « En Lettonie, ma grand-mère a connu les ghettos, les camps de concentration, elle a survécu à l’extermination quasi complète de la population juive par les nazis, puis s’est réfugiée en Israël… Et à présent, je reviens ici, en Europe. Plus jamais je n’aurai de foyer, je le sais : je suis et je resterai israélienne, c’est mon identité. »
Michal Aviad possède un passeport italien qu’elle tient de sa mère, Italienne de Trieste. Cette dernière, cachée avec sa famille sous un faux nom à Florence pendant la seconde guerre mondiale, a pu échapper aux déportations. En 1947, à 23 ans, la jeune femme a migré vers ce qui deviendra, l’année suivante, Israël. « Heureusement qu’elle n’est plus de ce monde pour voir le désastre actuel, remarque tristement sa fille. Pour elle, Israël représentait enfin la fin de l’errance. » On ne migre pas seul, les fantômes des aïeux se glissent dans les bagages.
Annoncer à ceux qui restent que l’on s’en va pour toujours relève souvent de l’impossible, quel que soit le pays. Mais sans doute encore plus lorsqu’il s’agit d’Israël, qui s’est construit comme un foyer national pour les juifs du monde entier. Le vocabulaire attaché aux migrants est d’ailleurs très explicite. En hébreu, le terme « alya », employé pour désigner l’émigration vers Israël, signifie également « ascension » ou « élévation spirituelle ». Celui utilisé pour le trajet inverse, « yerida », négativement connoté, veut dire « descente ».
Afin de ménager leurs parents, Yoël Taieb et Omri Sheffer leur ont expliqué qu’ils partaient pour leurs études, ils les finiraient à Paris et « pour la suite, on verra[it] ». Aucun n’a été dupe. Début septembre, Omri a fait un saut en Suisse, pour rendre visite à son jeune frère, arrivé à Bâle une semaine plus tôt. Sa sœur, elle, vient d’entrer au lycée, en Israël : « Quand elle aura terminé, je ne serais pas surpris qu’elle emprunte le même chemin que nous. » Avec son entourage, Michal Aviad aussi est restée évasive, disant qu’elle s’en allait « quelque temps », tout en sachant qu’il n’en était rien.
Faire vaciller la coalition de Nétanyahou
Mi-septembre, elle a fait partie du millier de cinéastes israéliens signataires d’une pétition de soutien aux réalisateurs de NAZA, Yuval Abraham et Rachel Szor. Leur documentaire, Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, réunit des témoignages anonymes de soldats sur la stratégie de l’armée israélienne dans la bande de Gaza et sur ses conséquences sur les civils. En Israël, ses auteurs sont pris dans une campagne très violente, qualifiés de « traîtres », menacés de mort. Benyamin Nétanyahou a annoncé un projet de loi pour déchoir de sa nationalité quiconque diffame les militaires.
Michal Aviad, elle, reçoit un tombereau de messages haineux sur les réseaux sociaux. « Ce qui me choque le plus, c’est que cette incapacité à regarder la réalité en face émane également d’Israéliens progressistes. J’imagine que cela s’explique par l’impossibilité de vivre avec la conscience que beaucoup de leurs enfants qui sont dans l’armée se livrent à des crimes de guerre atroces. Mais tant que nous ne les reconnaîtrons pas, entamer un processus de guérison sera impossible. Je me suis sauvée de cet enfer, c’est bien peu de chose. » A Paris, elle prend des cours de français et le souvenir de sa grand-mère paternelle hongroise, qui n’était jamais parvenue à parler correctement hébreu, s’invite dans son esprit.
Fin septembre, Michal Aviad a commencé à enseigner la réalisation à l’école de cinéma Eicar, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Si son emploi du temps le lui permet, elle fera un aller-retour express en Israël pour voter aux élections législatives, le 27 octobre (Israël n’autorise pas ses citoyens expatriés à le faire de l’étranger). Yoël Taieb, Omri Sheffer, Noa et son mari ont déjà pris leurs billets d’avion. Aucun n’est optimiste quant au verdict des urnes, mais l’espoir ténu de faire vaciller la coalition de Benyamin Nétanyahou les pousse à rentrer pour voter.
En France, Yoël Taieb scrute désormais « avec angoisse » la multiplication des signes de la montée de l’extrême droite : « Si elle accède au pouvoir ici aussi, rester sera difficile. C’est un positionnement éthique. Mais pour aller où ? Je ne sais pas. »
Par Laure Marchand
Le Monde du 03 octobre 26

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