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Quand les préjugés se cachent derrière les « valeurs québécoises »

 

Depuis que Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire à l’Assemblée nationale du Québec, s’est présentée à une cérémonie officielle en portant un keffieh palestinien, elle fait l’objet d’une campagne de dénonciation sur les réseaux sociaux. Certains vont jusqu’à la qualifier d’« extrémiste de gauche islamique » et à comparer le keffieh à des symboles nazis ou racistes.
Cette campagne révèle un mécanisme inquiétant : transformer un symbole de l’identité nationale palestinienne en prétexte pour alimenter la peur et les amalgames.
Porter un keffieh ne signifie ni soutenir l’islamisme radical ni cautionner le terrorisme. Comparer ce symbole à des emblèmes nazis ou racistes, sans tenir compte de son histoire, relève d’un amalgame qui mérite d’être dénoncé.
Invoquer les « valeurs québécoises » pour opposer l’identité palestinienne à l’identité québécoise soulève une question essentielle : pourquoi la solidarité avec le peuple palestinien est-elle si souvent présentée comme suspecte ?
Lorsque la critique des positions politiques cède la place à l’association systématique d’une identité collective avec l’extrémisme, elle contribue à nourrir les préjugés et la stigmatisation. C’est précisément cette logique qu’il faut interroger : pourquoi exiger de certains qu’ils justifient sans cesse leurs symboles et leurs solidarités, alors que d’autres peuvent afficher les leurs sans être soumis aux mêmes soupçons ?
Défendre les valeurs du Québec, c’est défendre l’égalité, la liberté d’expression et le droit à la différence, et non transformer l’identité d’autrui en motif de suspicion.
Le débat devrait porter sur les idées et les actes, pas sur la diabolisation d’une identité nationale.

Par Tannous Chalhoub
Le 21 octobre 2026

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