Je lisais quelque part, par la plume d'un ou d'une sociologue dont j'ai omis de noter le nom, que nous assistons à l'effondrement du sens des mots. Autrement dit, les mots ne signifient plus ce qu'ils expriment. Il y a un déphasage entre le vocabulaire et la réalité. C'est un phénomène très grave et hautement dangereux dont la principale conséquence est la perte totale de repères. Il est d'autant plus inquiétant qu'il recouvre l'espace médiatique y compris celui qui est supposé en être à l'abri.
Nul besoin d'un quelconque effort pour illustrer cet effondrement.
Les formules inondent les ondes des chaines de radio et de télévision, les articles de la presse écrite et les réseaux dits "sociaux".
Parmi les nombreuses formules utilisées, j'ai retenu une des plus "éloquentes", comme par exemple celle utilisée très fréquemment pour qualifier un responsable politique israélien de "sioniste de gauche". Elle a été utilisé abondement ces derniers jours, voire ces dernières semaines, à l'occasion des élections législatives israéliennes.
Un "sioniste de gauche" désignerait un opposant au génocidaire en chef Netanyahou associé aux suprémacistes Ben Gvir et Smortrich.
Sauf que cette opposition du "sioniste de gauche" ne vise pas les objectifs fixés et poursuivis par le pouvoir en place mais seulement ses méthodes.
En ce sens, le "sioniste de gauche" considère que le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie peuvent avoir lieu différemment. Idem pour les guerres contre le Liban, la Syrie et l'Iran. C'est ce qui signifie être de gauche.
Pour ce qui est de la Palestine et de son peuple, il est hors de question pour un "sioniste de gauche" de reconnaître l’État de Palestine ou le moindre droit national du peuple Palestinien. La Palestine reste et demeure pour lui une "terre sans peuple pour un peuple sans terre". C'est ce qui signifie être sioniste.
Il convient de signaler aux jeunes d'aujourd'hui que jusqu'à une époque relativement récente une résolution de l'ONU qualifiait le sionisme comme étant une forme de racisme. (*)
Elle a été abrogée. Puis, petit à petit, dans les pays complices du génocide à Gaza et du nettoyage ethnique en Cisjordanie la lutte contre le sionisme est qualifiée d'antisémitisme.
L'effondrement du sens des mots précède l'effondrement des valeurs qui entraine celui des consciences, individuelles et collectives.
Par Roland RICHA
Le 31 octobre 2026
(*) L'Assemblée générale des Nations unies a adopté le 10 novembre 1975 la Résolution 3379 qui estimait que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».
Cette résolution a été abrogée par l'Assemblée générale de l'ONU le 16 décembre 1991 en adoptant la Résolution 46/86.
Cette résolution a été abrogée par l'Assemblée générale de l'ONU le 16 décembre 1991 en adoptant la Résolution 46/86.

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