La ligne Paris-Tel-Aviv sous le feu des projecteurs. Ce dimanche 11 octobre, la CGT Air France a vigoureusement protesté contre l’application d’une directive interne interdisant à certains binationaux d’opérer en direction de l’aéroport Ben Gourion.
« L’État israélien indique qu’aucun membre d’équipage entrant dans l’espace aérien israélien ne doit détenir la nationalité ou la double nationalité d’un État sans relations diplomatiques formelles avec l’État d’Israël », souligne la note, envoyée le 9 octobre et révélée par Mediapart. Sont ainsi concernés 31 pays, dont l’Algérie, la Tunisie, l’Iran, Oman, l’Arabie saoudite, le Pakistan ou encore le Niger.
« La CGT Air France considère cette exigence particulièrement grave et inacceptable. Les salariés d’Air France relèvent du droit français », mesure le syndicat, qui rappelle que « l’article L. 1132-1 du Code du travail interdit notamment les mesures discriminatoires en matière d’affectation, de conditions de travail ou de carrière fondées sur l’origine ou l’appartenance, réelle ou supposée, à une nation. »
Une remise en cause des droits du personnel
Selon Mediapart, après qu’un copilote omanais a tenté de détourner un avion pour le faire s’écraser sur l’aéroport de Tel-Aviv le 30 septembre, Benyamin Netanyahou a ordonné au ministère des Transports de revoir les « mesures de sécurité » sur les vols vers Israël.
« Si la ligne Paris Charles-de-Gaulle – Tel-Aviv ne peut être exploitée sans écarter une partie des salariés en raison de leur nationalité, c’est l’exploitation de cette ligne qui doit être remise en cause, et non les droits des personnels concernés », insiste la CGT Air France. Et de conclure « que la direction doit garantir qu’aucun salarié ne doit être écarté d’une rotation ou pénalisé professionnellement en raison de sa nationalité ou de sa double nationalité »
Naïm Sakhi
L'Humanité du 11 octobre 26
La photo: « Si la ligne Paris Charles-de-Gaulle – Tel-Aviv ne peut être exploitée sans écarter une partie des salariés en raison de leur nationalité, c’est l’exploitation de cette ligne qui doit être remise en cause », insiste la CGT Air France.
© Raphael Lafargue/ABACA

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