L’armée israélienne et états-unienne multiplie les exercices communs ces derniers jours. Plusieurs sources voient dans ces opérations une volonté de reprendre les bombardements contre Téhéran. Le New York Times révèle un plan stratégique après les élections de mi-mandat, le 3 novembre.
De nouvelles attaques contre l’Iran sont-elles à prévoir ? Plusieurs médias, observateurs et sources diplomatiques jugent cette hypothèse de plus en plus crédible. À quelques jours des élections législatives israéliennes, le premier ministre Benyamin Netanyahou verrait une telle opération d’un bon œil.
Selon le site d’information, Axios, des dizaines d’avions de combat de l’armée de l’air ont effectué lundi soir une incursion dans une configuration offensive, ont atteint la frontière iranienne et sont rentrés en Israël. Pourquoi ? « Plusieurs sources américaines ont dit qu’elles avaient l’impression qu’Israël espérait que les Iraniens tireraient sur l’avion, ce qui fournirait une justification pour lancer des frappes contre l’Iran », avance le journaliste Barak Ravid.
Les infrastructures énergétiques et nucléaires iraniennes ciblées
D’autres sources confirment la volonté du dirigeant israélien pour assurer sa réélection de mener une campagne de bombardements sur les infrastructures civiles telles que des centrales électriques, installations nucléaires et d’autres cibles liées au régime. Le Financial Times indique qu’une telle opération aurait été planifiée le week-end du 10 octobre, par l’armée israélienne, à la veille du déplacement du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov à Téhéran.
Mais le président des États-Unis, Donald Trump en pleine campagne avant les élections de mi-mandat le 3 novembre, a refusé une telle option. Une telle attaque est néanmoins envisagée par Washington et Tel-Aviv, qui planifierait une opération courte mais intensive aux alentours de la mi-novembre. C’est ce que révèle le New York Times citant plusieurs sources militaires et membres de l’administration.
« Les armées américaine et israélienne ont élaboré des plans précis en vue de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat américaines. Les cibles incluraient probablement les infrastructures énergétiques iraniennes, les installations nucléaires, ainsi que l’arsenal de missiles et de drones », écrit le quotidien pour contraindre le pays à faire des concessions diplomatiques après près de huit mois de conflit.
Lors de sa visite, lundi, en Israël, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth qui a rencontré Benyamin Netanyahou a évoqué le sujet. Les deux armées ont d’ailleurs intensifié leurs exercices dans la région, ces derniers jours.
Cette reprise des hostilités interpelle aux États-Unis. Car elle pourrait ne pas s’avérer plus fructueuse que la première phase de la guerre où les séries de bombardements entre février et avril ou en juin ont provoqué une hausse des prix de l’énergie, le blocage du détroit d’Ormuz et déstabilisé l’ensemble de la région.
Téhéran prêt à une réplique « féroce »
Le président Donald Trump a annulé à plusieurs reprises les projets visant à reprendre les combats à grande échelle et réclamé aux autorités russes de travailler à une issue diplomatique avec Téhéran.
« Tout porte à croire que les États-Unis se dirigent vers une nouvelle guerre. La prochaine vague de combats pourrait être plus intense et plus dévastatrice pour l’Iran, mais aussi pour le Moyen-Orient. Ce ne sera peut-être pas la fin du conflit, mais le début d’une déstabilisation plus large de la région, avec des conséquences durables pour l’économie mondiale également », prévient Vali Nasr, spécialiste de l’Iran.
Car Téhéran a déjà promis de répliquer de manière plus « féroce ». Certains observateurs estiment que l’armée iranienne pourrait viser les principales raffineries de pétrole en Arabie saoudite, notamment Aramco.
Vadim Kamenka
L'Humanité du 22 octobre 2026

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