L'école


Samedi, 19 septembre 2026. C'est le tour des écoles publiques d'accueillir 541 000 élèves dans 700 sites répartis sur l'ensemble du territoire de Gaza.
Les écoles du secteur privé avaient ouvert leurs portes une semaine auparavant.
Les bâtiments scolaires sont dans leur immense majorité lourdement détruits. Les bâtiments restés debout sont convertis en abris pour les personnes déplacées, contraignant les autorités éducatives à installer des tentes comme écoles de fortune. Celles-ci manquent cruellement du matériel pédagogique de base. Les élèves sont assis à même le sol, sans pupitres ni tableaux, exposés à des conditions climatiques extrêmes qui transforment les tentes en congélateurs l’hiver et en fournaises l’été.
Après trois années d'une guerre génocidaire, un grand nombre d'élèves souffrent de traumatismes psychologiques profonds et d'une terreur persistante, revivant sans cesse les scènes de bombardement et la perte de leurs proches. Plongés dans un état de tristesse et de distraction permanent, ils sont en proie à des difficultés d'apprentissage et leur besoin d'aide et de soutien psychologiques est au même titre que leur éducation.
C'est la rentrée scolaire mais la guerre continue. La dernière victime en date est l'élève Muhammad al-Zanati, tué par une bombe israélienne. Elle a été tirée lors d'un double raid aérien qui l'a visé ce mardi 15 septembre, alors qu'il donnait main forte aux secouristes qui tentaient de sauver des blessés lors d'une attaque précédente.
Au 15 juillet, plus de 20 000 écoliers et plus de 532 enseignants avaient été tués dans des attaques menées par les forces d'occupation israéliennes. De plus, 59 bâtiments scolaires publics, 30 bâtiments scolaires privés et 11 bâtiments d'enseignement spécialisé pour personnes handicapées ont été entièrement détruits, selon un précédent rapport du ministère de l'Éducation.
Le rapport a également fait état d'une baisse de la fréquentation scolaire, passant de 200 jours durant l'année scolaire 2022-2023 à seulement 60 jours durant l'année 2025-2026, ainsi que d'une réduction du nombre de cours hebdomadaires, de 30 à 12.
Malgré tout, l'espoir renaît. Le Peuple-résistant est debout. Ses enfants sont de nouveau sur les chemins de l'école.
Des chemins transformés en parcours du combattant. Une école devenue une épreuve de résilience autant pour les élèves que les enseignants.
A Gaza, l'éducation doit rester un espace de vie, de dignité et de reconstruction de l'avenir.

Par Roland RICHA
Le 20 septembre 2026
Billet dédié à la mémoire de l'élève-martyr Muhammad al-Zanati.

Des chemins transformés en parcours du combattant. Une école devenue une épreuve de résilience autant pour les élèves que les enseignants.

       Les élèves sont assis à même le sol, sans pupitres ni tableaux, exposés à des conditions climatiques extrêmes qui transforment les tentes en congélateurs l’hiver et en fournaises l’été.

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