Le rappeur est contraint de renoncer à la tournée états-unienne du chanteur Ed Sheeran, pour avoir dénoncé sur scène les crimes commis par Israël à Gaza et en Cisjordanie occupée. Dans un texte publié sur ses réseaux sociaux, Macklemore a rappelé que la véritable victime de cette censure reste le peuple palestinien.
En choisissant la censure, les soutiens d’Israël n’ont fait qu’amplifier son message. Macklemore est contraint de se retirer de la tournée états-unienne de la star de la pop Ed Sheeran, suite à ses multiples prises de parole sur scène afin de dénoncer le génocide du peuple palestinien commis par Israël.
« Nous avons été informés par les salles de concert des prochaines dates qu’elles refuseraient la présence de Macklemore à l’affiche, ce qui entraînerait l’annulation de la tournée et impacterait des centaines de milliers de fans », a confirmé le promoteur Messina Touring Group, dans un communiqué dévoilé par le magazine Rolling Stone. Macklemore devait se produire à huit des dix concerts restants de la tournée d’Ed Sheeran.
« Je comprends pourquoi les gens ne parlent pas »
« Je comprends pourquoi les gens ne parlent pas, a réagi le rappeur, dans un texte diffusé sur ses réseaux sociaux. Prendre parti peut coûter cher. De l’argent, des accords avec des marques, des sponsors, des festivals, des relations. J’ai perdu toutes ces choses. »
Il n’en reste pas moins que la véritable victime de l’affaire reste le « peuple palestinien », comme l’a rappelé Macklemore. Qualifiant Ed Sheeran de « frère », il reconnaît avoir eu des « conversations difficiles (avec lui) la semaine dernière », le « genre de conversation ancrée dans l’amour et le respect de l’autre qui s’achève malgré tout sur un désaccord ».
Macklemore a aussi affirmé avoir été écarté de la tournée à la suite de pressions du multimilliardaire Robert Kraft, propriétaire de l’équipe de football américain New England Patriots et du Gillette Stadium. « Ed m’a dit que Kraft avait rallié d’autres propriétaires de stades et que, collectivement, ils lui avaient lancé un ultimatum : si Macklemore poursuit la tournée, il ne sera plus autorisé à jouer dans nos salles », annonce le rappeur.
Robert Kraft a rapidement confirmé, avec un communiqué, avoir pris la décision d’interdire à Macklemore de se produire au Gillette Stadium. Le patron a ainsi affirmé avoir voulu répondre aux « actions récentes, (à) des propos tenus sur scène lors des concerts d’Ed Sheeran dans le New Jersey, et (à) un historique plus large de rhétorique et d’images antisémites que nous jugeons profondément offensantes et blessantes pour la communauté juive ».
Une manière de disqualifier les propos de Macklemore, dont le message n’a été que de dénoncer un génocide et un processus colonial documentés par la justice internationale. Lors du premier concert de la tournée, au MetLife Stadium, près de New York, le rappeur de Seattle a ainsi scandé « Libérez la Palestine » sur scène, exprimé sa solidarité avec les populations de Gaza et de Cisjordanie occupée, projeté des images de la dévastation commise par les bombardements israéliens puis a interprété son morceau Hind’s Hall, écrit en hommage aux manifestations à l’université Columbia.
« Mon message est un message de paix »
Lors de son deuxième concert, toujours au MetLife Stadium, Macklemore a rappelé que « critiquer Israël, critiquer l’apartheid, s’opposer au génocide ne vise en aucun cas » la communauté juive. « Mon message est un message de paix ; un appel à l’amour et au respect de la dignité et de l’égalité pour tous les êtres humains », a-t-il conclu. Des prises de paroles conformes au rappel qu’a réalisé Macklemore dans son texte : « Il n’y a pas de position neutre entre l’oppresseur et l’oppressé. »
Parmi les salles qui auraient refusé la venue du rappeur figurent le Lincoln Financial Field à Philadelphie (Pennsylvanie) ; le Gillette Stadium à Foxborough (Massachusetts) ; le Mercedes-Benz Stadium à Atlanta (Géorgie) ; le Lucas Oil Stadium à Indianapolis (Indiana) ; le Bank of America Stadium à Charlotte (Caroline du Nord) ; l’AT & T Stadium à Arlington (Texas) ; et le Raymond James Stadium à Tampa (Floride).
Si deux de ces stades sont privés – le Bank of America Stadium à Charlotte et le Gillette Stadium à Foxborough – les autres appartiennent à des villes, des États ou d’autres entités gouvernementales, relève Rolling Stone. Outre une possible atteinte à la liberté d’expression, le magazine rappelle que le dernier stade prévu pour la tournée – le Raymond James Stadium de Tampa – avait maintenu deux concerts de Ye (de son nom civil, Kanye West), malgré son allégeance au nazisme et ses propos antisémites. Une différence d’indignation qu’il est difficile de justifier.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 15 septembre 2026

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