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| Gaza: Opération de sauvetage d'éventuels survivants après un raid israélien sur un quartier de la ville. |
Les États-Unis restent fidèles à eux-mêmes. Tandis que le génocide des Palestiniens se poursuit dans la bande de Gaza et que le Liban risque « le même niveau de destruction que celui infligé » dans l’enclave palestinienne, selon les Nations unies (ONU), l’administration Trump se prépare à livrer près de 40 000 bombes à Israël.
Une cargaison d’armes d’une ampleur rare, qui constituerait l’une des plus importantes livraisons de munitions à Tel-Aviv, ont révélé, mardi 15 septembre, le Washington Post et le New York Times. Selon les deux quotidiens, l’administration Trump a approuvé cette vente pour un total de 2,8 milliards de dollars (environ 2,4 milliards d’euros), financée indirectement par les contribuables américains.
Des éclats mortels à « plus de 300 mètres d’altitude »
Le département d’État a récemment transmis le projet d’accord à deux commissions du Congrès pour obtenir une approbation informelle. Sollicités par l’Agence France-Presse (AFP), la Maison Blanche et le département d’État n’ont pas souhaité commenter ces informations.
La livraison doit notamment inclure 20 000 Mark 84 (ou MK-84). Ces ogives d’une tonne sont capables de projeter des éclats mortels à « plus de 300 mètres d’altitude et creuser un cratère de quinze mètres de profondeur », annonce le New York Times.
Si le Congrès peut, en théorie, s’opposer à ces ventes d’armes à l’étranger, l’exécutif dispose d’outils pour contourner cette règle. Le secrétaire d’État Marco Rubio peut ainsi invoquer des pouvoirs d’urgence pour procéder à la vente, comme il l’a fait à plusieurs reprises. L’administration Trump pourrait alors contourner l’approbation informelle du Congrès et annoncer officiellement la vente.
La Chambre des représentants et le Sénat devraient alors adopter une résolution pour bloquer l’accord. Mais une telle manœuvre nécessiterait l’approbation des deux tiers de chaque chambre pour pouvoir surmonter un veto présidentiel. Cela reviendrait à espérer une réaction inattendue, alors que la participation logistique états-unienne dans le génocide à Gaza est documentée depuis bientôt trois ans.
Avant même le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, l’administration Biden avait décrété l’état d’urgence dans la région afin de contourner l’approbation du Congrès et d’accélérer deux livraisons d’armes – 13 000 obus de char et des munitions d’artillerie – à destination d’Israël. En moyenne, 125 personnes ont été tuées chaque mois à Gaza depuis l’annonce d’un cessez-le-feu, le 10 octobre 2025, selon le décompte du ministère de la Santé local.
En trois ans, les forces d’occupations israéliennes ont tué au moins 73 221 Palestiniens et en ont blessé près de 173 000 autres dans l’enclave palestinienne, ravagée par des bombardements quotidiens. La Cisjordanie occupée, elle, est en passe d’être réduite en cendre par une colonisation qui ne cesse de s’accélérer.
Plus de 4 300 morts et des villages rendus inhabitables ont enfin été comptabilisés au Liban, bombardé et envahi par Israël. Un comité d’experts indépendants de l’ONU alertait même, fin août, sur les conséquences dévastatrices des opérations militaires israéliennes dans le sud du pays, évoquant « le même niveau de destruction que celui infligé à Gaza ». Mais les États-Unis préfèrent privilégier leur économie de guerre.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 16 septembre 26


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