Le premier ministre israélien est arrivé à New York où des manifestations sont prévues contre sa venue aux Nations unies. Benyamin Netanyahou qui est sous mandat d’arrêt international émis par la CPI depuis 2024 a bénéficié de l’autorisation d’un certain nombre d’États dont la France pour se rendre aux États-Unis alors que la liste des crimes du gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens, organismes humanitaires s’allonge.
Encore une fois, un criminel de guerre se tiendra à la tribune, ce jeudi 24 septembre, au sein de l’enceinte qui symbolise le droit international et la paix : les Nations unies. Devant l’Assemblée générale composée de présidents, premiers ministres, ministres et diplomates des 193 États membres, Benyamin Netanyahou va prendre la parole malgré son mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, en novembre 2024. Le premier ministre israélien pourra s’exprimer comme en septembre 2025 alors que le président Palestinien, Mahmoud Abbas s’est vu refuser un visa d’entrée aux États-Unis.
« Il ne peut pas y avoir de double standard » a lancé Emmanuel Macron, mardi, en évoquant la situation à Gaza et en Cisjordanie dans le Palais de verre. Le président français participe pourtant pleinement à la violation du principe d’égalité et du respect de la charte des Nations unies qu’il a défendu lors de son discours. Pour se rendre aux États-Unis, Benyamin Netanyahou a été autorisé de survoler l’espace aérien français. Aucune sanction n’a été émise depuis 2023 à l’encontre du crime de génocide en cours à Gaza par l’armée israélienne ou le nettoyage ethnique en Cisjordanie.
« La solution à deux États ne peut pas disparaître sous nos yeux »
Dans son éditorial dans le quotidien Haaretz, Zvi Bar’el affirme : « Mais si, par le passé, il était la vedette – multipliant les effets d’annonce, les feutres et les pancartes sur la tribune américaine, avec un agenda rempli de rencontres avec des dirigeants mondiaux et des personnalités influentes –, cette semaine, il sera considéré comme persona non grata – au mieux, comme une figure du passé ».
Isolé sur la scène internationale, le premier ministre israélien fera face à une Assemblée hostile. Il n’a eu de cesse ces dernières années de s’attaquer à l’Organisation des Nations unies coupable à ses yeux de défendre les droits des Palestiniens et de dénoncer le non-respect des résolutions.
À l’ouverture de la 81e session, le secrétaire général de l’Onu, António Guterres a rappelé dans son dernier discours : « Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux ». Il a surtout dressé un constat glaçant, trois ans après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 : l’offensive contre les Palestiniens à Gaza, par le nombre de morts et de destructions, d’une ampleur « sans précédent » au cours de ses années comme Secrétaire général.
António Guterres a condamné « un climat de plus en plus coercitif » et « le spectre d’un nettoyage ethnique » contre les Palestiniens. Il a exhorté les autorités israéliennes à respecter l’ONU, son mandat à Gaza et d’arrêter les attaques contre son personnel et les travailleurs humanitaires.
Outre le non-respect des résolutions onusiennes, des décisions de la CPI ou de la CIJ, la coalition de Benyamin Netanyahou avec le parlement israélien ont voté une loi mettant fin à toute relation entre l’État d’Israël et l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), et lui interdisant toute activité sur le territoire en janvier 2025. Israël a également démoli des bâtiments du siège de l’UNRWA à Jérusalem-est.
Netanyahou en campagne
Le dirigeant va également chercher à s’adresser à son opinion publique. À l’instar de Donald Trump qui a défendu son bilan à quelques semaines d’élections de mi-mandat, Benyamin Netanyahou est lancé dans une campagne pour sa réélection, le 27 octobre.
En 2025, son arrivée dans l’hémicycle avait été accompagnée par des huées. Des délégations avaient quitté la salle en guise de protestation. Au même moment à New York, une vague de manifestations aura lieu à travers Manhattan, organisées par des groupes qui s’opposent à son gouvernement d’extrême droite et à la guerre à Gaza.
« Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Netanyahou tentera de s’adresser au monde comme si Israël occupait toujours un rôle de premier plan. Mais le leadership mondial ne se mesure pas à la capacité de tenir un micro et de sortir des lapins d’un chapeau, mais plutôt au nombre de pays prêts à se ranger à vos côtés une fois le discours terminé. À la fin de l’allocution de Netanyahou, Israël découvrira que le problème n’est plus ce que la « communauté internationale » pense de lui, mais le dirigeant qui le mène à la guerre », conclut Haaretz.
Vadim Kamenka
L'Humanité du 24 septembre 26

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire