Liban : Israël jure de s’en prendre encore au Hezbollah après des bombardements qui ont fait au moins 11 morts dans le sud du pays

 

Une maison touchée par une frappe aérienne israélienne, dans le village de Deir Zahrani (Liban), le 15 août 2026. ABBAS FAKIH/AFP
Le président libanais, Joseph Aoun, a estimé que les frappes de samedi constituaient un « message clair » pour l’avenir des négociations entre Israël et le Liban, avant un nouveau cycle de pourparlers prévu en septembre.
Israël a juré, dimanche 16 août, de frapper à nouveau le Hezbollah en cas de menace de sa part, et affirmé avoir tué la veille un deuxième commandant du groupe chiite pro-iranien lors de frappes meurtrières. « Nous réglerons tous nos comptes, dans quelque arène de combat que ce soit. Nous défendrons nos soldats et nos civils avec toute notre puissance », a écrit sur X le ministre de la défense, Israel Katz, au lendemain d’importants bombardements sur le sud du Liban.
Ces frappes ont fait 11 morts, selon les autorités libanaises, soit les attaques les plus meurtrières depuis la conclusion en juin d’un accord-cadre sous parrainage américain, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans la région.
L’armée israélienne a assuré que ces frappes répondaient aux tirs par le Hezbollah de drones explosifs qui ont grièvement blessé trois soldats à l’intérieur de la « zone de sécurité », terme utilisé par Israël pour désigner une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres de profondeur qu’il occupe dans le sud du Liban.
L’armée israélienne a indiqué qu’Abou Hassan Alaaune, présenté comme un haut commandant de l’unité Badr du Hezbollah et impliqué dans les tirs de drones explosifs, avait été tué dans les frappes de samedi. Elle avait auparavant annoncé la mort d’Ali Samir Al-Haj Hassan, décrit comme un commandant de la force Radwan, une unité d’élite du Hezbollah. Elle a affirmé avoir appris a posteriori que la famille de ce commandant « se trouvait avec lui », précisant qu’elle « n’était pas la cible de la frappe ».

Mort d’une famille entière
Dénonçant « la mort d’une famille entière dans le village d’Ansar », le président libanais, Joseph Aoun, a condamné l’« attaque israélienne » et les « violations répétées de l’accord-cadre (…) et du droit international protégeant les civils », qui envoient un « message clair concernant le processus de négociation », a affirmé son cabinet, tandis que le ministère de la santé libanais a fait état de trois enfants et deux femmes tués.
Imran Riza, le coordinateur humanitaire de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour le Liban, a également condamné ces frappes. « Les enfants et les civils continuent de payer un prix inacceptable. Le droit international humanitaire est clair : les civils doivent être protégés en tout temps », a-t-il déclaré.
Le cabinet du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a accusé le Hezbollah de placer sciemment des civils en danger. Une version rejetée en bloc par le groupe chiite pro-iranien. « Nétanyahou, qui fait l’objet de procédures devant la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis à Gaza, préside une nouvelle fois au massacre de civils libanais », a accusé le Hezbollah dans un communiqué.
Le Liban a été entraîné au début de mars dans le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis, quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, après l’offensive américano-israélienne lancée en février contre la République islamique. Israël a mené en représailles de nombreuses frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4 300 morts, selon les autorités libanaises.
Si la violence a nettement diminué depuis la signature d’un protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran en juin, puis d’un accord-cadre entre le Liban et Israël, Beyrouth signale toutefois des frappes et des destructions israéliennes ponctuelles.
L’accord-cadre entre Israël et le Liban conclu en juin prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans la région, en commençant par des « zones pilotes ». Le Hezbollah dénonce régulièrement cet accord.

(Avec les agences de presse du 16 août 26)

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