Le Japon juge « très regrettables » les sanctions américaines contre Tomoko Akane, la présidente de la CPI

 

La juge japonaise Tomoko Akane, présidente de la Cour pénale internationale (CPI), à Tokyo, le 14 juin 2024. KAZUHIRO NOGI/AFP
La juriste japonaise et le substitut du procureur de la CPI, Abdoulaye Seye, sont accusés par les Etats-Unis d’avoir « participé directement aux efforts déployés par la Cour pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI ».
Le Japon a jugé, mercredi 19 août, « très regrettables » les sanctions annoncées la veille par les Etats-Unis contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre d’une offensive contre cette institution que Washington accuse d’être « politisée ».
« Le Japon a constamment soutenu la CPI (…) dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale et à faire respecter l’Etat de droit », a défendu le ministère des affaires étrangères nippon.
Tandis que le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a accusé, dans un communiqué « ces personnes [d’avoir] participé directement aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, placer en détention ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI ». L’autre haut responsable sanctionné est l’actuel substitut du procureur de la CPI, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye.
Les Etats-Unis, qui n’adhèrent pas au traité international ayant institué la CPI, située à La Haye aux Pays-Bas, ont imposé des sanctions visant plusieurs magistrats de la Cour. Celles-ci interdisent notamment aux juges d’entrer dans le pays et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale. Mais Washington ne s’en était pas encore pris à la présidente de la CPI, venant en outre d’un pays allié clé.
Les nouvelles sanctions « sapent l’Etat de droit », a déclaré la CPI dans un communiqué publié mardi, dans la foulée de mesures prises par Washington à l’encontre de Mme Akane. « Lorsqu’il est fait pression sur les acteurs judiciaires pour les empêcher d’appliquer la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en danger », a ajouté la Cour dans son texte envoyé aux journalistes.
L’Allemagne a également réagi en apportant son soutien à la Cour pénale internationale et à sa présidente, estimant qu’il était d’une « importance centrale de défendre et de protéger la CPI en tant qu’institution indépendante ». Pour Berlin, des « insuffisances » ne sont « en aucun cas une raison de remettre fondamentalement en question cette institution importante et le mérite qui lui revient ».

(Avec les agence de presse du 19 août 26)

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