En plein génocide à Gaza, la Grèce conclut un accord de défense de 3 milliards d’euros avec Israël

 

Rencontre entre Benyamin Netanyahou et son homologue Grec, Kyriakos Mitsotakis lors d’un sommet trilatéral à Jérusalem en décembre 2025.
© Maayan Toaf/Israel Gpo/IMAGO/ZUMA Press Wire
Unis dans leur rivalité avec la Turquie, Tel-Aviv et Athènes ont conclu un contrat qualifié d'« historique » pour la production d’un système de défense antiaérienne sur le territoire grec.
La Grèce n’a plus besoin de prouver qu’elle est un avant-poste de l’extrême droite israélienne en Europe. Ce lundi 31 août, Athènes a conclu un important contrat avec Tel-Aviv. D’une valeur d’environ trois milliards d’euros, cet accord d’exportation d’un système de défense antiaérienne, le bouclier d’Achille, est considéré par le ministère israélien de la Défense comme « l’un des plus importants de l’histoire de l’État d’Israël ».
Malgré le processus génocidaire à Gaza, la Grèce se targue d’être le premier pays de l’Union européenne à adopter un système intégré de défense aérienne et antimissile multicouche, reposant sur plusieurs systèmes interconnectés destinés à protéger le territoire grec contre les drones, les avions, les missiles de croisière et les missiles balistiques.
Cet accord s’inscrit dans le cadre du lancement, fin juillet par Athènes, d’un programme d’armements de 4,2 milliards d’euros incluant l’acquisition du bouclier israélien. Le gouvernement conservateur présente ce vaste programme comme « une nécessité » après la décennie d’austérité imposée par la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) alors même qu’il maintient les budgets sociaux au plus bas. La Grèce consacre plus de 3 % de son PIB à la défense.

Ankara adoubé par Donald Trump
« Israël et la Grèce partagent des intérêts stratégiques communs et sont confrontés aux mêmes défis régionaux », a insisté le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dans un communiqué. En filigrane, c’est la Turquie, rival régional des deux pays qui est visée.
Le pays, déjà deuxième armée de l’Otan, a qui plus est pris une nouvelle envergure après son adoubement par Donald Trump au dernier sommet de l’Alliance atlantique. « À une époque où des acteurs aux ambitions hégémoniques cherchent à étendre leur influence et à saper la stabilité dans la région, Israël et la Grèce continueront de renforcer leur coopération en matière de défense et de stratégie », ajoute Israël Katz.
Le resserrement des liens entre Tel-Aviv et Athènes a été consacré lors d’un sommet trilatéral à Jérusalem en décembre 2025 qui accueillait également Chypre, dont la partie nord de l’île est toujours occupée illégalement par la Turquie.

Lina Sankari
l'Humanité du 31 août 2026

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