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L’objectif de Washington est d’isoler l’institution, garante du respect du droit international, et de la priver de tout soutien politique et financier. |
« Aucune option diplomatique » n’est exclue pour « neutraliser de manière systématique la capacité de la CPI à fonctionner ». Ainsi, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a-t-il déclaré la guerre totale à une Cour pénale internationale (CPI) déjà fragilisée par les sanctions à l’encontre de ses juges et par des retraits successifs de pays membres.
En intensifiant ainsi ses attaques contre la CPI, la Maison-Blanche passe une étape décisive dans sa politique tous azimuts qu’elle mène contre le droit international, particulièrement depuis que l’institution a émis, en 2024, des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et contre l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la bande de Gaza.
Marco Rubio a détaillé, dans une vidéo sur X et dans le Wall Street Journal, cette offensive majeure lancée contre l’institution de La Haye (Pays-Bas), leur « bête noire ». « À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balle ou de missile, mais à coups de statut, de traité et de la force de ce qu’on appelle le « droit international » », a-t-il déclaré.
L’offensive contre la CPI prend une nouvelle tournure
Cette fois, il ne s’agit plus seulement pour Washington de sanctions individuelles et de pressions matérielles conjoncturelles. Son objectif est d’isoler l’institution, garante du respect du droit international, et de la priver de tout soutien politique et financier. Cette nouvelle campagne « mobilise l’ensemble du gouvernement » et vise à pousser d’autres pays « à se retirer de la CPI et à couper tout leur soutien à la Cour », a poursuivi le secrétaire d’État.
Il s’agit, selon des sources proches du département d’État américain, d’une part, « de pousser les pays qui sont actuellement signataires du statut de Rome (le traité qui a créé la CPI, en 2002, NDLR) de se retirer de la CPI et de cesser leur soutien politique et financier » et, d’autre part, d’appeler les pays qui, comme les États-Unis, n’ont pas ratifié le statut de Rome à mobiliser leurs réseaux diplomatiques pour prendre des mesures similaires.
« Nous observerons avec intérêt quels pays se joindront à nous pour lutter contre cette menace qui pèse sur les Américains prêts à risquer leur vie pour protéger autrui », a déclaré Marco Rubio, ajoutant cette menace de chantage à peine voilée : « Les pays qui refusent de rejeter la fausse autorité de la CPI tout en comptant sur l’aide des États-Unis risquent de faire l’objet d’une surveillance accrue. »
Il est utile de rappeler que le secrétaire d’État américain, à l’instar du président Trump et d’autres membres de l’administration américaine, fait l’objet d’une plainte déposée auprès de la justice fédérale de New York, le 24 juin, par trois juges de la CPI, qui avaient été sanctionnées en vertu du « décret anti-CPI » de février 2025 signé par le président états-unien à la suite de la visite à New York de Benyamin Netanyahou. Ce décret place sur la même liste magistrats internationaux et terroristes ou trafiquants.
Latifa Madani
L'Humanité du 14 juillet 2026

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