Alors que la colonisation illégale israélienne en Cisjordanie occupée s’accélère, prenant une tournure encore plus violente après la « vaste opération antiterroriste » lancée par l’armée génocidaire vendredi 24 juillet, les victimes palestiniennes se multiplient. Lundi 27 juillet, une femme a perdu son bébé dans l’ambulance qui tentait de la conduire à l’hôpital, bloquée à un poste de contrôle.
La violence coloniale subie par les Palestiniens en Cisjordanie a engendré un nouveau drame. Les autorités sanitaires palestiniennes ont rapporté qu’une femme avait fait une fausse couche dans une ambulance lundi 27 juillet, des soignants accusant des soldats israéliens d’avoir retardé le véhicule à un point de contrôle.
Enceinte de six mois, cette femme de 28 ans a été prise en charge à son domicile de Qaryut, au sud de Naplouse, alors qu’elle était inconsciente, a expliqué un soignant, Bashar Qaryouti, à l’Agence France-Presse (AFP). « Elle souffrait d’une hémorragie très sévère et se trouvait dans un état extrêmement critique », a-t-il souligné.
Le matériel médical de l’ambulance maintenait la patiente en vie
La femme a été placée sous oxygène dans une ambulance, qui s’est lancée dans la quête désespérée d’une route ouverte en direction de l’hôpital de Rafidia, à Naplouse. L’entrée du village voisin étant fermée, le véhicule a dû se tourner vers des chemins de terre au milieu des oliveraies.
Lorsque l’équipage a finalement atteint le poste de contrôle d’Awarta, de nombreux véhicules patientaient déjà devant un portail métallique. Sirènes allumées, l’ambulance s’est frayé un chemin jusqu’à la tête de la file, où des soldats ont ordonné à Bashar Qaryouti de couper le moteur du véhicule. « Ils m’ont forcé avec leurs armes à éteindre le véhicule » et ont confisqué les cartes d’identité des soignants, raconte-t-il, précisant avoir expliqué aux soldats que le matériel médical de l’ambulance maintenait la patiente en vie.
L’état de la femme enceinte s’est aggravé et l’infirmière à ses côtés a été contrainte de procéder à l’accouchement, à l’intérieur de l’habitacle, d’un « bébé mort-né », a affirmé Bashar Qaryouti. Après plus de 30 minutes d’attente, selon lui, les soldats ont rendu leurs documents à l’équipage et autorisé l’ambulance à poursuivre sa route.
À l’hôpital de Rafidia, « la mère a été envoyée au bloc pour arrêter l’hémorragie », retrace Bashar Qaryouti. Le directeur de l’établissement, Fouad Nafaa, a affirmé que la femme avait été « empêchée d’atteindre l’hôpital par l’armée israélienne ». L’hémorragie causée par la fausse couche a été maîtrisée et l’état de la patiente est désormais stable, a-t-il ajouté. Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a déclaré que « l’affirmation selon laquelle des soldats ont retardé une ambulance au checkpoint d’Awarta était fausse », ajoutant n’avoir reçu aucun signalement des faits de la part palestinienne.
La violence coloniale se déchaîne toujours
Selon des images du militant palestinien Mohammad Hureini diffusé par AJ + français, un autre bébé a été aspergé d’essence le 19 juillet à AT-Tuwani lors d’une attaque d’une trentaine de colons israéliens. Ils ont mis le feu à des maisons, des voitures, la mosquée et à la laiterie du village du sud d’Hébron. Selon le média du groupe qatari Al Jazeera, les assaillants ont brisé une fenêtre d’une maison où dormait un nourrisson et ont ensuite déversé de l’essence à travers l’ouverture.
Le 24 juillet dernier, Israël a annoncé le lancement d’une « vaste opération antiterroriste ». Résultat : une augmentation des attaques et des violences des colons sur les villages palestiniens. Des groupes, armés, arpentent les collines de la Cisjordanie, menaçant les villageois palestiniens, les frappant, les empêchant de se rendre dans leurs champs ou effrayant les troupeaux. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée au fil des derniers mois. La violence coloniale se déchaîne toujours plus à quelques mois d’un scrutin législatif incertain.
Théo Bourrieau
L'Humanité du 28 juillet 2026

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