Hussam Abu Safiya, le médecin gazaoui qui a réfusé d'abandonner ses patients, toujours détenu par Israël illégalement

 

Le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal-Adouan. Il est détenu par Israël depuis le 27 décembre 2024.
Hussam Abu Safiya, chef de l’hôpital Kamal-Adouan, dans le nord de Gaza, est emprisonné en Israël sous le régime des « combattants illégaux ». Il n’a pas eu de procès. Son avocat a constaté des blessures graves, des signes de mauvais traitements physiques, des difficultés respiratoires et des épisodes répétés de perte de connaissance lors de sa visite.
C’est une image qui, très certainement, restera dans l’histoire. Dans un environnement dévasté, dans ce qui a été une rue de Gaza, on voit un homme de dos, en blouse blanche, se dirigeant vers un char israélien. La scène a été filmée par le photographe gazaoui Muhannad Almuqayed. Elle a été postée sur Instagram.
L’homme en question n’est autre que le docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal-Adouan. Le 27 décembre 2024, l’armée israélienne envahit le centre de santé et procède à des arrestations. Hussam Abu Safiya, malgré le génocide en cours dans la bande de Gaza et après avoir été blessé lors d’un bombardement israélien en novembre 2024, a poursuivi son travail, notamment auprès des enfants.
Lorsqu’il entre dans le véhicule blindé israélien, c’est pour parlementer. Il est, depuis, arrêté, détenu sans jugement sous le titre de « combattants illégaux », tout comme 17 autres médecins et 58 travailleurs de santé, appréhendés à Gaza. Ce n’est que le 11 février 2025 qu’il pourra rencontrer son avocat, Nasser Odeh. Ce dernier ne reverra son client que le 12 mai 2026, puis le 2 juillet dernier.
Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, l’organisation Physicians for Human Rights a déclaré que Nasser Odeh avait constaté des blessures graves, des signes de mauvais traitements physiques, des difficultés respiratoires et des épisodes répétés de perte de connaissance lors de sa visite à Hussam Abu Safiya au centre de détention de Rakefet (prison de Nitzan). Le praticien a été conduit à l’entretien les mains et les pieds entravés et escorté par des gardiens de prison masqués. Nasser Odeh a indiqué que son état physique s’était à ce point dégradé qu’il était difficile de le reconnaître. Il serait maintenant détenu à l’isolement.

Pierre Barbancey
L'Humanité du 05 juillet 26

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