États-Unis : une cour d’appel annule la libération du prisonnier politique palestinien Mohsen Mahdawi

 

Mohsen Mahdawi a été libéré en avril 2025, il peut désormais être à nouveau arrêté.
© Mukta Joshi / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Une cour d’appel états-unienne a cassé la décision d’un juge du Vermont, qui ordonnait la libération sous caution de Mohsen Mahdawi, militant palestinien détenu dans un centre de rétention pour migrants. Titulaire d’un statut de résident, ce dernier a cofondé l’Union des étudiants palestiniens à l’université de Columbia, aux côtés de Mahmoud Khalil.
Défendre le peuple palestinien revient à s’exposer à la répression de l’administration Trump, des autorités et de la justice. Une cour d’appel états-unienne a rappelé cette triste réalité en cassant, mardi 21 juillet, une décision de 2025, qui ordonnait à la Maison Blanche de libérer Mohsen Mahdawi, militant détenu dans un centre de rétention pour migrants.
Détenteur du statut de résident permanent ou « carte verte », résident du pays depuis une décennie, l’homme de 35 ans a été arrêté par l’ICE alors qu’il se rendait à un entretien pour obtenir la citoyenneté états-unienne dans le Vermont, à la mi-avril 2025. Il préparait alors une maîtrise à l’École des affaires internationales et publiques de Columbia et était connu pour sa participation active à des manifestations dénonçant le génocide israélien à Gaza.

Créer un précédent
Né dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie occupée, Mohsen Mahdawi a notamment cofondé l’Union des étudiants palestiniens à Columbia en 2023, aux côtés de Mahmoud Khalil, lui aussi une figure importante du mouvement étudiant pro-palestinien réprimé par les autorités états-uniennes. La décision de la cour d’appel n’ordonne pas la nouvelle arrestation de Mohsen Mahdawi, mais pourrait créer un précédent qui compliquerait la libération des détenteurs de carte verte invoquant leurs droits au titre du Premier Amendement.
La Cour d’appel du deuxième circuit des États-Unis, basée à Manhattan, a déclaré que le juge de district Geoffrey Crawford, basé dans le Vermont, n’avait pas compétence pour traiter l’affaire – il a ordonné la libération sous caution de Mohsen Mahdawi. Selon la justice, elle aurait dû être étudiée devant un tribunal de l’immigration.
La décision de mardi fait suite à une décision similaire rendue plus tôt cette année par la Cour d’appel états-unienne, qui avait statué que le juge ayant libéré Mahmoud Khalil, également titulaire d’une carte verte, n’était pas compétent dans son cas.
Mahmoud Khalil a intenté un procès, en juillet, contre de hauts responsables de l’administration Trump, la Heritage Foundation, Betar et Canary Mission, réclamant des dommages et intérêts pour complot illégal. La plainte allègue que le ciblage dont il a été victime était motivé par des « groupes privés antipalestinien », qui se sont coordonnés avec des responsables de l’administration pour persécuter la figure de la défense des droits des Palestiniens. Le cas de Mohsen Mahdawi apporte du poids à cette condamnation.

L'Humanité du 22 juillet 2026

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