Amnesty International a enquêté sur trois bombardements israéliens ayant eu lieu au sud du Liban en mars. Selon l’ONG qui enjoint la communauté internationale à ouvrir une enquête, ces actes constituent ni plus ni moins des « crimes de guerre ».
Trois bombardements israéliens qui ont visé le sud du Liban en mars, tuant une vingtaine de personnes, sont susceptibles de constituer des « crimes de guerre » et doivent « faire l’objet d’enquêtes », a estimé Amnesty International dans un communiqué diffusé ce jeudi 9 juillet.
« En l’espace d’une semaine seulement, l’armée israélienne a anéanti des familles entières, dont une douzaine d’enfants, au Liban, faisant preuve d’un mépris flagrant pour la vie des civils », déplore Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe, citée dans le communiqué de l’ONG.
« La communauté internationale doit agir maintenant », juge-t-elle, enjoignant aux États d’« invoquer la compétence universelle et extraterritoriale dans le but d’enquêter sur les responsables présumés et de les poursuivre ». Sous couvert de n’affronter que le Hezbollah, l’armée israélienne a tué plus de 4 300 personnes depuis mars selon le dernier bilan des autorités libanaises.
« Une attaque directe contre des civils »
Les trois bombardements israéliens sur lesquels a enquêté Amnesty International ont eu lieu dans le sud du pays les 6, 12 et 13 mars. Des bombardements qui ont détruit des « habitations civiles » dans les districts de Tyr, Saïda et Nabatiyé et qui ont coûté la vie à « 24 civils, dont 12 enfants ». « Amnesty International a des motifs raisonnables de conclure que lors de chacune de ces frappes aériennes, les forces israéliennes ont commis des violations du droit international humanitaire », affirme l’ONG.
À chaque fois, ils constituaient « soit une attaque directe contre des civils ou un bien civil, soit une attaque menée sans discernement », accuse Amnesty qui affirme que ces actes doivent « faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre ».
Une affirmation qui s’appuie sur un travail d’enquête basé sur des témoignages, des images satellitaires ainsi que des photographies et vidéos. « Des chercheurs ont également passé en revue les réseaux sociaux israéliens et libanais » pour « comprendre le contexte » de chaque frappe, et « chercher d’éventuels éléments attestant de possibles liens entre les victimes et le Hezbollah ».
Tel-Aviv persiste dans sa flambée guerrière
Sollicitées par l’ONG, les autorités israéliennes assurent, comme à leur habitude, que certaines frappes « avaient été menées contre des objectifs militaires du Hezbollah » mais admettent que certains cas ont été « transmis pour examen ». Pour autant, « aucune information précise concernant les trois attaques, notamment sur les possibles cibles » n’a été transmise à Amnesty.
Malgré l’accumulation de preuves, les forces israéliennes se disent « déterminées à atténuer les dommages causés aux civils lors d’activités opérationnelles » tout en martelant que le Hezbollah « exploite systématiquement les infrastructures civiles à des fins militaires ».
Derrière ce discours bien rodé, Tel-Aviv persiste dans sa flambée guerrière. La signature de l’accord entre Washington et Téhéran le 17 juin a permis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu au Liban le 21 juin, puis la signature d’un accord-cadre le 26 juin en vue d’une « paix durable » entre les deux pays. Malgré ces engagements, le gouvernement israélien affirme publiquement vouloir maintenir ses troupes dans la fameuse « zone tampon » pendant que les avions israéliens continuent de pilonner les Libanais.
Arthur Dumas
L'Humanité du 09 juillet 26

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire